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Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres

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Romulus

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MessageSujet: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Mar 10 Nov - 16:20

Le laraire

 Salve !  Je me présente : je suis le pater familias de cette domus.



Je vais vous présenter mon laraire
 smile




Le Laraire est une sorte de petit sanctuaire à la maison, qu'on utilise pour le culte familial. Il est généralement petit, collé contre un mur, souvent entouré de deux colonnes et  surmonté d'un fronton triangulaire symbolisant un temple.



Dans certaines maisons, le laraire peut être tout simplement représenté sous forme d'une fresque.



Certaines maisons ont leur laraire dans le jardin ...







Mon laraire, quant à lui,  se situe de façon plus traditionnelle dans l'atrium, c'est une pièce située au centre de la maison. On trouve sur l'autel les statuettes des divinités protectrices qu'on y adore.




On appelle cette pièce atrium ( "noire" ) parce qu'à l'origine c'est là que se trouvait l'âtre ( cheminée ) du foyer, et c'est là que ce trouve le feu sacré qui brûle sur le laraire.




Au centre de l'atrium, on trouve un impluvium, bassin alimenté par la pluie car, juste au-dessus de ce bassin, il n'y a pas de plafond (pour aérer et laisser passer la lumière et l'eau de pluie).









C'est devant le laraire que moi et ma famille allons prier, adorer et faire des libations aux lares, aux pénates, aux génies protecteurs de la maison et aux mânes de mes ancêtres qui veillent sur nous.



En tant que pater familias, je préside comme prêtre à ce culte domestique, et je leur adresse rituellement une prière chaque matin pour que notre maison soit toujours protégée et à l'abri du malheur.

Je réserve en offrande à ces divinités protectrices du foyer une part de chaque met, et on fait des libations de vins ou de parfum.



On leur offre aussi régulièrement des fleurs et de l'encens.

 



Mais faisons plus ample connaissance avec ces petites divinités que sont les dieux lares, les pénates, les mânes et les génies protecteurs que nous adorons dans les laraires ...








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Dernière édition par Romulus le Mar 10 Nov - 17:00, édité 3 fois
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Eve

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Nombre de messages : 241
Age : 22

MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Mar 10 Nov - 16:49

 Les lares :



Salvete omnes ! Moi, je suis un dieu lare    




J'apporte la prospérité à la maison.


On me rend un culte dans ces fameux laraires ... ce qui explique d'ailleurs leur nom. top





Je suis une divinité très ancienne. Mon rôle est de protéger les habitants du foyer dans lequel on me rend un culte.



On nous représente dans les laraires sous forme de statuettes et de peinture représentant des adolescents à la tunique retroussée, dansant, et qui tiennent une coupe pour l'offrande des fruits ainsi qu'une corne d'abondance.




On prenait extrêmement soin de moi, certains jours on m'entourait de fleurs, on me mettait des couronnes et on m'adressait de fréquentes prières. Ce que je préfère me voir offrir ? Des grappes de raisins,  des épis de blés, des galettes de froment ...
Quand le maître de la maison rentre de voyage, il doit venir me saluer en premier au laraire, avant même de faire le tour de son logis.



Ici, représentation du génie protecteur du pater familias entouré de deux lares  top



Nous représentons les divinités domestiques par excellence, associées à tous les événements de la vie familiale :




la jeune mariée franchissant le seuil de sa nouvelle maison nous offre un sacrifice pour s'attirer nos faveurs et se mettre sous notre protection, le jeune homme qui revêt la toge virile nous consacre sa bulla, etc.




Aux Lares domestiques s'ajoutent les multiples Lares publics, dont les laraires fleurissent au carrefours de la villes, et qui garantissent la sécurité des rues, des champs, des carrefours  ...





et il existe même les Lares de la cité qui sont choisis parmi les dieux romains sous la protection duquel la cité veut se placer :



ainsi telle cité peut choisir de se mettre plus spécialement sous la protection de Janus, Diane, Mercure, Hercule, ou d'un autre dieu protecteur, devenu dieu lare de la cité.


Par extension, on appelle lares toutes les divinités choisies par la famille comme dieux préférés sous la protection desquels elle veut se placer







Dernière édition par Eve le Mar 10 Nov - 17:01, édité 1 fois
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-Aphrodite

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Nombre de messages : 258
Age : 22

MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Mar 10 Nov - 17:00

Les pénates.

Les dieux pénates sont eux aussi adorés dans le laraire familial.



Le mot "pénate" vient du latin "pénus" qui signifie le garde-manger.

En effet, ce sont des semi-divinités qui défendent le garde-manger, le foyer, veillent sur les biens et les réserves de la famille.



Les familles se choisissent librement leurs Pénates, parmi les grands dieux ou les grands hommes déifiés.
Ils étaient généralement deux, l’un s’occupait de la nourriture et l’autre de la boisson.

Ces dieux se transmettaient comme un héritage, de père en fils.
Ils symbolisaient la maison, on pratiquait leur culte dans le "laraire".

Les pénates se déplacent avec la famille qu'ils protègent, contrairement aux
lares qui eux sont attachés à un lieu fixe et ne peuvent suivre la
famille dans ses déplacements.  smile



D'ailleurs, lorsque qu'Enée s'enfuit de troie en flammes en portant son père sur ses épaules, on voit que celui-ci s'enfuit avec les statues de dieux Pénates !



Ces divinités ( pénates, lares, mânes ) étaient souvent représentées - selon les moyens - par des statuettes de bronze, ou de simple terre cuite, ou encore en bois, à qui on offrait des offrandes
comme du parfum, du miel, du vin, des fleurs et des gâteaux.

D'où l'expression  "retourner dans ses pénates" qui signifie "rentrer chez soi".

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Lupa

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Nombre de messages : 318

MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Mar 10 Nov - 17:01

Les Mânes :



Tout d'abord, les Mânes sont les âmes des ancêtres considérées comme des divinités conseillères, généralement bienveillantes et soucieuses de voir leur lignée réussir.
Les ancêtres décédés ont donc leur mot à dire sur l'avenir de la famille. En revanche, les mânes exigeaient d'être respectés et honorés
Les Romains estimaient sinon que les mânes des ancêtres pouvaient devenir potentiellement dangereux, s'ils n'entretenaient pas leur tombe ni ne leur faisaient sur le laraires des offrandes revigorantes. Ils persécuteraient alors leurs descendants qui se montraient ingrats ou impies envers eux. Pour les tranquilliser, les Romains pratiquent des prières, des offrandes, voire des sacrifices et les invoquent souvent, afin de se les concilier par des rituels et d'avoir leur approbation, leur conseils et leur protection. Il fallait parfois faire des sacrifices pour apaiser les mânes irrités par de mauvaises actions dans la famille ...


Les mânes sont donc les esprits des morts "bons", contrairement aux Lémures et aux larves qui sont les esprits des morts mauvais, et reviennent parfois hanter la maison. Le pater familias les apaisait en faisant parfois des rituels nocturnes, en jetant derrière lui des poichées de fèves cuites par exemple.


De surcroît, lors des anniversaires de la naissance/mort des ancêtres ainsi divinisés, on leur offre des fleurs et de la nourriture.
Les premiers combats de gladiateurs, les munera, étaient sans doute des "sacrifices sanglants" destinés à honorer les mânes d'un ancestre.




Masque mortuaire par moulage retrouvé dans une tombe.

Les Aristocrates exposent chez eux les sculptures de visage des ancêtres, voire leur masque mortuaire, afin d'avoir leur présence protectrice, de les honorer et d'en garder la mémoire.

Quant aux inscriptions funéraires, elles commençaient généralement par : Diis Manibus" (abrégé en D. M ) "Aux dieux Mânes ... (suivi du nom du défunt) "


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Dernière édition par Lupa le Mer 11 Nov - 16:03, édité 1 fois
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Pégase

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Nombre de messages : 1208
Age : 21

MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Jeu 12 Nov - 15:29

Je me présente, je suis le Génie du maître des lieux.



Sur un laraire, on me représente soit par un jeune homme symbolisant la force vitale qui anime chaque individu, soit par un serpent:





Ici, on voit le génie de l'ancêtre de la famille au centre, entouré de lares, et dont le génie est également représenté par le serpent


Dans l'Antiquité, le serpent était un symbole plutôt positif contrairement à aujourd'hui, qui est devenu un un symbole du mal



Mais ce n'était absolument pas le cas chez les Romains.
Je suis au contraire son protecteur et j'ai toute ma place dans le laraire.




A chaque fois qu'un homme est mis au monde, un génie lui est attribué.
Notre rôle est de le protéger. Nous naissons et mourons en même temps que lui.
Chaque homme à un génie protecteur. Les femmes, elles, n'ont pas de génie.
En effet, c'est le rôle de la déesse Junon de les protéger.




Les génies ne symbolisent pas uniquement la force spirituelle d'une personne, mais il y a des génies protecteurs d'un lieu, d'une ville, d'un peuple ...

On adorait ainsi également le génie de l'empereur, le génie de Rome, le génie du peuple romain ... Le génie en symbolise l'âme, l'essence, le principe ...
smile

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Modo
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MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Sam 14 Mai - 13:55

Voici encore différents styles et modèles de Laraire :










On trouvait aussi des laraires dans les rues, pour honorer des lares en tant que protecteurs des carrefours et des routes cette fois :





Les lares protecteur d'une cité disposaient quant à eux de vrais temples, parfois sur le forum lui-même.


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MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Dim 15 Mai - 0:02



Laraires dans une rue de Pompéi ...


Et aujourd'hui ? Cette pratique existe-t-elle toujours ?



Lorsque le christianisme a voulu renverser le paganisme, le culte des laraires était si ancré chez les Romains que les Chrétiens ont tout simplement décidé de mélanger cette pratique avec leur religion ...

C'est ainsi qu'on trouve dans beaucoup de rues d'Italie, comme au croisement des chemins de campagne, des sortes d'autels dédiés au culte de Marie et des saints protecteurs, dans ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau ... aux fameux laraires des Romains.



Ainsi, cette pratique religieuse romaine s'est adapatée pour arriver jusqu'à nous ...



Laraire romain :


"Laraire" catholique :




"Laraire" catholique au bord ds routes.


Dernière édition par Modo le Sam 2 Aoû - 15:23, édité 1 fois
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Modo
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MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Sam 28 Mai - 20:09

Les Chinois pratiquent toujours un culte des ancêtres en dressant un petit autel dédié dans leur maison, comme le faisaient autrefois les Romains en adorant le génie de la famille dans leur laraire familial.



Petit autel avec représentation du Bouddha protecteur et de représentations des défunts. On y met des bougies, on y brûle de l'encens et on y fait des libations ...




Petit autel dédiés aux esprits des morts dans un restaurant chinois


Un autre avec offrandes de nourriture, comme du temps des Romains



Dernière édition par Modo le Sam 25 Juil - 16:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Sam 28 Mai - 23:12

Souvenirs d'une visite à Lyon, riche en vestiges romains et en objets divers.



Petites statuettes de Lares, pénates, manes, et autres divinités domestiques déposées dans les laraires



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Vous en reconnaitrez peut-être ?


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Le marché de ces figurines utilisées par tous les Romains était très lucratif et très florissant



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Pour les moins riches, il existait des figurines pas chères en terre cuite, créées en série ( un peu comme Les Vierge en plastique à Lourdes)

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Spoiler:
 

Mais les plus fortunés en achetaient en argent, etc.

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MessageSujet: Re: Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres
Lun 11 Mar - 18:34

La maison d’un Grec ou d’un Romain renfermait un autel; sur cet autel il devait y avoir toujours un peu de cendre et des charbons allumés. C’était une obligation sacrée pour le maître de chaque maison d’entretenir le feu jour et nuit. Malheur à la maison où il venait à s’éteindre! Chaque soir on couvrait les charbons de cendre pour les empêcher de se consumer entièrement; au réveil le premier soin était de raviver ce feu et de l’alimenter avec quelques branchages. Le feu ne cessait de briller sur l’autel que lorsque la famille avait péri tout entière; foyer éteint, famille éteinte, étaient des expressions synonymes chez les anciens.



Ce n’était pas là une coutume insignifiante. Il n’était pas permis d’alimenter ce feu avec toute sorte de bois; la religion distinguait, parmi les arbres, les espèces qui pouvaient être employées à cet usage et celles dont il y avait impiété à se servir. Il y avait un jour de l’année, qui était chez les Romains le 1er mars, où chaque famille devait éteindre son feu sacré et en rallumer un autre aussitôt. Mais pour se procurer le feu nouveau, il y avait des rites qu’il fallait scrupuleusement observer. Les seuls procédés qui fussent permis, étaient de concentrer sur un point la chaleur des rayons solaires ou de frotter rapidement deux morceaux de bois d’une espèce déterminée et d’en faire sortir l’étincelle.



Ce feu était quelque chose de divin; on l’adorait, on lui rendait un véritable culte. On lui donnait en offrande tout ce qu’on croyait pouvoir être agréable à un dieu, des fleurs, des fruits, de l’encens, du vin, des victimes. On réclamait sa protection; on le croyait puissant. On lui adressait de ferventes prières pour obtenir de lui ces éternels objets des désirs humains, santé, richesse, bonheur. Une de ces prières qui nous a été conservée dans le recueil des hymnes orphiques, est conçue ainsi: « Rends-nous toujours florissants, toujours heureux, ô foyer; ô toi qui es éternel, beau, toujours jeune, toi qui nourris, toi qui es riche, reçois de bon coeur nos offrandes, et donne-nous en retour le bonheur et la santé qui est si douce. »

En présence d’un danger on cherchait un refuge auprès de lui. Quand le palais de Priam est envahi, Hécube entraîne le vieux roi près du foyer: « Tes armes ne sauraient te défendre, lui dit-elle; mais cet autel nous protégera tous. »



Lorsqu'Alceste s'apprête à mourir, elle s’approche de son foyer et l’invoque en ces termes: « O divinité, maîtresse de cette maison, c’est la dernière fois que je m’incline devant toi, et que je t’adresse mes prières; car je vais descendre où sont les morts. Veille sur mes enfants qui n’auront plus de mère; donne à mon fils une tendre épouse, à ma fille un noble époux. Fais qu’ils ne meurent pas comme moi avant l’âge, mais qu’au sein du bonheur ils remplissent une longue existence. »

L’homme ne sortait de sa demeure sans adresser une prière au foyer; à son retour, avant de revoir sa femme et d’embrasser ses enfants, il devait s’incliner devant le foyer et l’invoquer.

A certains moments de la journée, on posait sur le foyer des herbes sèches et du bois; alors le dieu se manifestait en flamme éclatante. On lui offrait des sacrifices; or, l’essence de tout sacrifice était d’entretenir et de ranimer ce feu sacré, de nourrir et de développer le corps du dieu. C’est pour cela qu’on lui donnait avant toutes choses le bois; c’est pour cela qu’ensuite on versait sur l’autel le vin brûlant de la Grèce, l’huile, l’encens, la graisse des victimes. Le dieu recevait ces offrandes, les dévorait; satisfait et radieux, il se dressait sur l’autel et il illuminait son adorateur de ses rayons. C’était le moment de l’invoquer; l’hymne de la prière sortait du coeur de l’homme.



Le repas était l’acte religieux par excellence. Le dieu y présidait.

C’était lui qui avait cuit le pain et préparé les aliments; aussi lui devait-on une prière au commencement et à la fin du repas. Avant de manger, on déposait sur l’autel les prémices de la nourriture; avant de boire, on répandait la libation de vin. C’était la part du dieu. Nul ne doutait qu’il ne fût présent, qu’il ne mangeât et ne bût; et, de fait, ne voyait-on pas la flamme grandir comme si elle se fût nourrie des mets offerts? Ainsi le repas était partagé entre l’homme et le dieu: c’était une cérémonie sainte, par laquelle ils entraient en communion ensemble.

Vieilles croyances, qui à la longue disparurent des esprits, mais Horace, Ovide, Pétrone soupaient encore devant leur foyer et faisaient la libation et la prière.



Ce culte du feu sacré n’appartenait pas exclusivement aux populations de la Grèce et de l’Italie. On le retrouve en Orient.
Les Grecs, les Italiens, les Hindous appartenaient à une même race; leurs ancêtres, à une époque fort reculée, avaient vécu ensemble dans l’Asie centrale. C’est là qu’ils avaient conçu d’abord ces croyances et établi ces rites. La religion du feu sacré date donc de l’époque lointaine et mystérieuse où il n’y avait encore ni Grecs, ni Italiens, ni Hindous. Quand les tribus s’étaient séparées les unes des autres, elles avaient transporté ce culte avec elles, ainsi que leur langue commune (l'indo-européen), qui explique les racines communes des mots que ce soit en grec, en latin, en sanskrit ...


Toute prière à un dieu, quel qu’il fût, devait commencer et finir par une prière au foyer. A Olympie, le premier sacrifice qu’offrait la Grèce assemblée était pour le foyer, le second pour Zeus. De même, à Rome, la première adoration était toujours pour Vesta, qui n’était autre que le foyer; Ovide dit de cette divinité qu’elle occupe la première place dans les pratiques religieuses des hommes et disait que Vesta n’était pas autre chose qu’une « flamme vivante ».







Le feu du foyer est donc une sorte d’être moral. Il est vrai qu’il brille, qu’il réchauffe, qu’il cuit l’aliment sacré; mais en même temps il a une pensée, une conscience; il conçoit des devoirs et veille à ce qu’ils soient accomplis. On le dirait homme, car il a de l’homme la double nature: physiquement, il resplendit, il se meut, il vit, il procure l’abondance, il prépare le repas, il nourrit le corps; moralement, il a des sentiments et des affections, il donne à l’homme la pureté, il commande le beau et le bien, il nourrit l’âme. Il est à la fois la source de la richesse, de la santé, de la vertu. C’est vraiment le Dieu de la nature humaine.



Ceci nous ramène au culte des morts. Tous les deux sont de la même antiquité. Ils étaient associés si étroitement que la croyance des anciens n’en faisait qu’une religion. Foyer, Démons, Héros, dieux Lares, tout cela était confondu. On voit par deux passages de Plaute que dans le langage ordinaire on disait indifféremment foyer ou Lare domestique, et l’on voit encore par Cicéron que l’on ne distinguait pas le foyer des Pénates, ni les Pénates des dieux Lares. Nous lisons dans Servius: « Par foyers les anciens entendaient les dieux Lares; aussi Virgile a-t-il pu mettre indifféremment, tantôt foyer pour Pénates, tantôt Pénates pour foyer. » Dans un passage fameux de l’Énéide, Énée invoquent ses dieux et les appelle à la fois Pénates, Lares et Vesta.



Ce que les anciens appelaient Lares, au début, n’étaient autres que les âmes des morts auxquelles l’homme attribuait une puissance surhumaine et divine. Le souvenir d’un de ces morts sacrés était toujours attaché au foyer. En adorant l’un, on ne pouvait pas oublier l’autre. Ils étaient associés dans le respect des hommes et dans leurs prières. Les descendants, quand ils parlaient du foyer, rappelaient volontiers le nom de l’ancêtre: « Quitte cette place, dit Oreste à sa soeur, et avance vers l’antique foyer de Pélops (nom de son ancêtre) pour entendre mes paroles. » De même, Énée, parlant du foyer qu’il transporte à travers les mers, le désigne par le nom de Lare d’Assaracus (un de ses aïeux), comme s’il voyait dans ce foyer l’âme de son ancêtre.


En effet, au tout début, c’était un usage d’ensevelir les morts dans les maisons. « Par suite de cet usage, c’est aussi dans les maisons qu’on honore les Lares et les Pénates. » Cette phrase établit nettement une antique relation entre le culte des morts et le foyer. On peut donc penser que le foyer domestique n’a été à l’origine que le symbole du culte des morts, que sous cette pierre du foyer un ancêtre reposait, que le feu y était allumé pour l’honorer, et que ce feu semblait entretenir la vie en lui ou représentait son âme toujours vigilante.



Le culte des morts et du foyer, reste d'une antique religion primitive, avait aussi pour objet d’adoration l’être invisible qui est en nous, la force morale et pensante qui anime et qui gouverne notre corps, notre famille, souvent représenté par un serpent, symbolisant "le génie" ou force vitale sacrée du maitre de la maison.



Cette religion primitive s’affaiblit peu à peu chez les Romains, mais elle ne disparut pas.




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Le laraire : lares, pénates, génie, mânes des ancêtres

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