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 Pastiches de poèmes de Janine Laval.

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Arès



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MessageSujet: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Jeu 10 Déc - 19:34

Voilà un topic où poster différents pastiches réalisés à partir des poèmes de Janine :



Il y a celui-là :


CHEMIN DE MON ENFANCE

Comme des cathédrales aux voûtes enfeuillées
Les forêts de mon enfance, gravées dans ma mémoire,
Ont des chemins secrets d’ombres embroussaillées
Des senteurs de bruyère mêlées d’épine noire,

De doux tapis moelleux de feuilles et de mousse
Jonchés de glands de chênes et de vesses de loup
Où l’on trouvait parfois des chanterelles rousses
Et des bolets ventrus qu’on ramenait chez nous.

Mes copains, dans les arbres, commençaient des cabanes
Qu’ils ne finissaient pas, ou bien si rarement
Leur bel élan premier tombait souvent en panne
Et leurs jeux tout a coup, prenaient d’autres tournants.

La pêche, quelquefois, les éloignait des arbres.
La rivière était là, princesse langoureuse
Selon les jours, ou cheval qui se cabre.
Tantôt tigresse, tantôt douce amoureuse.

Près du lavoir blotti au pied du petit pont
Nous avancions pieds nus dans l‘eau glacée,
Plus cernés de libellules que de poissons,
Nos cris et nos fous rires les avaient devancés.

La vie battait si fort bans le sang de nos veines
Qu’on ne ressentait guère la misère latente,
Et même si notre assiette n’était pas toujours pleine,
Nous gardions dans l’avenir une confiance ardente.




Celui-ci :


ZAÏRE

Je les ai vus dans ma lucarne,
Harassés, fourbus, leurs grands yeux égarés.
Courbés sous les coups des soldats qui s’acharnent
A vouloir les priver simplement d’exister.
Pour seul plateau repas, une boite en fer blanc.
De file indienne en heures d’attente,
Ils obtiennent un peu de riz collant
Qui leur rendra ainsi la mort un peu plus lente.

Ma tranche de rumsteck refroidit dans l’assiette,
Je ne finirai pas mes frites aujourd’hui.
Demain tout ira mieux, peut-être,
J’éteindrai la télé, j’aurai plus d’appétit.


Un autre :

Les émigrants clandestins,

Des routes sans virage qui vont au bout du monde
Et le soleil qui danse au-dessus des déserts,
Ils ont dû oublier que la terre était ronde
Où s’en vont-ils si loin, en fuyant la misère ?

Ils découvriront trop tard sans doute
Que l’autre bout du monde, il était là
Derrière eux, à leurs pieds, sur la route,
Comme un arc-en-ciel que l’on n’atteindra pas !

L’ Eldorado reste toujours une chimère
Ailleurs, l’herbe semble souvent plus dense
Les mirages existent aussi hors des déserts,

Des bateaux chavirent dans le silence.


Encore un :

CAUCHEMAR


Cohortes grimaçantes de babouins en colère
M'acculent aux abysses. Je tente de crier,
Mais aucun son ne sort de ma bouche « cratère »
Volcan éteint. Mes cris se sont solidifiés.

Mon pied trébuche et je m'envole
Dans ce ciel renversé, puits sans fond.
Au bord de la falaise, le troupeau se désole
De me voir ainsi quitter son horizon,

Girouette ballotée aux caprice d'Eole
J'ignore d'où je viens et ne sais où je fuis
Je vois une mer couverte de lucioles,
Ce sont milliers d'étoiles trouant le ciel bleu nuit.

Je cherche à m'évader de ce rêve angoissant.
Je voudrais m'éveiller, m'arrêter quelque part.
Toucher terre enfin, poser mes bagages pesants.
Arriver dans un port, découvrir une gare.

J'entends le tocsin s'égrener au lointain
Je sors d'un vertigineux brouillard
J'ouvre les yeux dans le noir et soudain
Je comprends que j'ai rêvé. Cauchemar !

Un petit dernier :



S.D.F.

Il marche sur les pavés luisants de pluie,
Son ombre le précède, s'allonge et puis,
Se rétracte et passe derrière lui
A chaque réverbère allumé dans la nuit.

Il entend dans le lointain les bruits sourds
Les grondements dans les rues du faubourg
Il presse le pas, voici presque qu'il court,
Mais il se sent bien vieux. Il se sent lourd.

Un banc l'appelle dans l'ombre dense.
Il s'assied, le souffle court, l'esprit en transe.
Il ferme les yeux, sa tête se balance,
Il craint soudain de perdre connaissance.

Où allait-il ? Il ne le sait plus.
Que faisait-il dans cette rue ?
Tout ici lui semble inconnu,
Il est seul, il a froid. Il est perdu.

On l'a trouvé sur ce banc, ce matin,
Bras écartés et raides, comme un pantin.

Sur un papier froissé serré dans sa main,
Un mot tracé, puis raturé: FAIM, F. I. N.

Il s'agit ici d'un petit florilège, il n'y a pas tous les poèmes de Janine.


Dernière édition par Arès le Sam 12 Déc - 12:05, édité 1 fois
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Arès



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MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Jeu 10 Déc - 20:13



ZAÏRE

Je les ai vus dans ma lucarne,

Harassés, fourbus, leurs grands yeux égarés.

Courbés sous les coups des soldats qui s’acharnent

A vouloir les priver simplement d’exister.

Pour seul plateau repas, une boite en fer blanc.

De file indienne en heures d’attente,

Ils obtiennent un peu de riz collant

Qui leur rendra ainsi la mort un peu plus lente.

Ma tranche de rumsteck refroidit dans l’assiette,

Je ne finirai pas mes frites aujourd’hui.

Demain tout ira mieux, peut-être,

J’éteindrai la télé, j’aurai plus d’appétit.



Moi j'ai créé un pastiche à partir de "ZAIR", le voilà :




ZAÏR 2


Je les ai dans ma cuisine

Mijotés, salés, leur grande épluchures ôtés

Coupés sous la lame des cuisiniers qui travaillent

A vouloir les rendre simplement moins mauvais.

Pour seuls ingrédients, des épices et de la gaieté

De grosses marmites en poêles à frire

Ils obtiennent beaucoup d'arômes exquis.

Qui leur rendra "la vie" un peu plus courte

Mes bouts de frites restent dans l'assiette

Je ne finirais pas mes patates ce soir

Demain je les mangerais, peut être

Mais avant, je dois goûter ces légumes parfaits.

Voilà alors pour ce qui n'ont pas saisi le sens de ce poème :

C'est l'histoire d'un enfant qui assiste à la cuisine de quelques légumes verts, il adore les odeurs des épices et de la cuisson qui s'y dégage, alors, il laisse tomber ces frites et veut absolument goûter les légumes car il voit que c'est un met de qualité avec des produits frais.


Dernière édition par Arès le Jeu 10 Déc - 20:17, édité 1 fois
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CYBER



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MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Jeu 10 Déc - 20:16

J'adore ! top



C'est sibyllin mais ... le petit garçon assistant à la cuisine de quelques légumes verts me rappelle quelqu'un Suspect r ir
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Pégase



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MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Jeu 10 Déc - 20:17

Je vois bien Arès dans la peau de ce petit garçon. Sauf qu'il mangerait aussi les frites.

Encore un de ses poèmes :

RETOUR DE VACANCES

La mer me murmure mille mots d'amour
Que les vents de septembre accrochent aux nuages,
Comme des soleils déchirés aux parasols des plages,
Et la vague s'enroule à l'écume des jours.

Le ciel du sud s'est assombri soudain.
Un orage lointain roucoule à l'horizon.
Sur le sable brûlant passent quelques frissons.
Une goutte de pluie se pose sur ma main.

Il nous faut, à regret, abandonner la plage,
Refermer notre livre, remettre des souliers,
Retourner vers la ville qu'on avait oubliée,
Supporter onze mois les barreaux de la cage.


Janine Laval septembre 2009
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Arès



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MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Jeu 10 Déc - 20:27

Pégase a écrit:
Je vois bien Arès dans la peau de ce petit garçon. Sauf qu'il mangerait aussi les frites.



Certes, j'avoue que même si des légumes frais, c'est succulent, une bonne assiette de frites, ce n'est pas mal non plus.
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janine Laval



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MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Dim 3 Jan - 17:27

Arès a écrit:


ZAÏRE

Je les ai vus dans ma lucarne,

Harassés, fourbus, leurs grands yeux égarés.

Courbés sous les coups des soldats qui s’acharnent

A vouloir les priver simplement d’exister.

Pour seul plateau repas, une boite en fer blanc.

De file indienne en heures d’attente,

Ils obtiennent un peu de riz collant

Qui leur rendra ainsi la mort un peu plus lente.

Ma tranche de rumsteck refroidit dans l’assiette,

Je ne finirai pas mes frites aujourd’hui.

Demain tout ira mieux, peut-être,

J’éteindrai la télé, j’aurai plus d’appétit.



Moi j'ai créé un pastiche à partir de "ZAIR", le voilà :




ZAÏR 2


Je les ai dans ma cuisine

Mijotés, salés, leur grande épluchures ôtés

Coupés sous la lame des cuisiniers qui travaillent

A vouloir les rendre simplement moins mauvais.

Pour seuls ingrédients, des épices et de la gaieté

De grosses marmites en poêles à frire

Ils obtiennent beaucoup d'arômes exquis.

Qui leur rendra "la vie" un peu plus courte

Mes bouts de frites restent dans l'assiette

Je ne finirais pas mes patates ce soir

Demain je les mangerais, peut être

Mais avant, je dois goûter ces légumes parfaits.

Voilà alors pour ce qui n'ont pas saisi le sens de ce poème :

C'est l'histoire d'un enfant qui assiste à la cuisine de quelques légumes verts, il adore les odeurs des épices et de la cuisson qui s'y dégage, alors, il laisse tomber ces frites et veut absolument goûter les légumes car il voit que c'est un met de qualité avec des produits frais.


Je trouve que c'est très bien fait. Bravo!
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janine Laval



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Age: 70

MessageSujet: Re: Pastiches de poèmes de Janine Laval.   Dim 3 Jan - 17:28

Pégase a écrit:
Je vois bien Arès dans la peau de ce petit garçon. Sauf qu'il mangerait aussi les frites.

Encore un de ses poèmes :

RETOUR DE VACANCES

La mer me murmure mille mots d'amour
Que les vents de septembre accrochent aux nuages,
Comme des soleils déchirés aux parasols des plages,
Et la vague s'enroule à l'écume des jours.

Le ciel du sud s'est assombri soudain.
Un orage lointain roucoule à l'horizon.
Sur le sable brûlant passent quelques frissons.
Une goutte de pluie se pose sur ma main.

Il nous faut, à regret, abandonner la plage,
Refermer notre livre, remettre des souliers,
Retourner vers la ville qu'on avait oubliée,
Supporter onze mois les barreaux de la cage.


Janine Laval septembre 2009


Merci Pégase!
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Pastiches de poèmes de Janine Laval.

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