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Poulet

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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: Poulet
Dim 30 Oct - 19:30

Bonsoir à tous. Jusqu'à présent j'ai peu posté.
Si vous le permettez, puisque je traîne du côté de la cafet', je vais en profiter pour écrire des essais de textes, sans but et sans prétention, que je compléterai à mesure que ça vient.
Je ne sais pas si l'endroit est bien choisi pour ce type de texte...




Présentation.


Le personnage est un poulet. Un poulet sans nom. Mais il pourrait tout aussi bien s’appeler René, ou Pierre, ou Christian, peu importe : Quand on n’a pas de nom, un prénom en vaut bien un autre.

René n’est pas un poulet ordinaire. Pour son malheur il est conscient de sa condition de poulet. Un de ses ancêtres a du se trouver dans la basse-cour d’Eve lorsqu’elle mangea la pomme, et elle lui aura jeté le trognon.
Après des générations de poulets se succédant dans l’ignorance la plus béate, il a fallu que ce soit sur lui que s’abatte enfin cet héritage maudit, ce cadeau pourri. Dieu devait avoir trop à faire à emmerder le monde pour se soucier du sort des poulets, à moins qu’il ait jugé que les hommes s’en occupaient déjà fort bien.

Il y a deux choses qu’on ne peut pas reprocher à dieu : Il ne plaisante pas et il n’oublie jamais rien.

René aurait pu voir le jour au grand air, auprès des poulets fiers et virils des campagnes. Il aurait pu se faire qu’il soit philosophe, ou poète, ou rêveur, et qu’il mette son intelligence au service de l’adoration de la vie et du bien être sur terre. S’il avait eu la chance de naître au bon endroit, il aurait pu faire de si grandes choses...

Mais il n’a jamais vu le jour.

Dès sa naissance, on l’a jeté derrière les murs noirs d’un hangar terrifiant. Il n’a jamais connu sa mère. Ils sont des milliers autour de lui, à crier, à respirer le même air d'ammoniac qu’il a du mal à respirer. Il les entend, et il les sent. Et quand les néons s’allument, il les voit : pâles... pâles à faire pâlir d’envie une endive neurasthénique, des milliers de bébés difformes, beaucoup trop gros pour leur âge ! Des centaines de mourants, des dizaines de crevés, à moitié liquéfiés et digérés par un sol putride. Mais tous, tous ceux qui ont encore la force de bouger, se battent pour atteindre la meilleure place d’un repas qui les mènera à l’abattoir. Dans ce repas ils trouvent la drogue qui les fait supporter leurs souffrances et ne pas mourir de douleur... trop tôt.

C’est dans cet enfer que René prend conscience de son existence, de sa différence, de l’impossibilité de communiquer avec ses semblables, et de l’urgence de quitter cet endroit.

Il est âgé de cinq semaines et, dans le meilleur des cas, il ne lui reste plus que deux semaines à vivre.
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-Léa-



Nombre de messages : 2946
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Dim 30 Oct - 20:25

Il est beau votre texte smile Mais il est triste C'est une histoire vraie, hein ? ple ur
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Anastasia



Nombre de messages : 812

MessageSujet: Re: Poulet
Dim 30 Oct - 20:31

C'est toi qui l'as mangé Léa ple ur
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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: Re: Poulet
Dim 30 Oct - 20:40

Merci Léa... Tu peux me tutoyer !

Hélas oui, cette histoire se déroule dans un élevage industriel de poulets de chair tel qu'il en existe réellement !

Anastasia : Il ne faut pas vendre la peau de René : son histoire n'est pas terminée !
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Démon
Aidactif


Nombre de messages : 4275
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Dim 30 Oct - 20:44

Et beh, on attend la suite avec impatience, bravo, j'espère que la suite sera aussi bien ! :)
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Chevalier d'émeraude



Nombre de messages : 1641
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Lun 31 Oct - 8:33

C'est trés beau et émouvant, il est très sentimental ton texte....
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-Léa-



Nombre de messages : 2946
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Lun 31 Oct - 10:25

Lydia a écrit:
Merci Léa... Tu peux me tutoyer !

Hélas oui, cette histoire se déroule dans un élevage industriel de poulets de chair tel qu'il en existe réellement !

Anastasia : Il ne faut pas vendre la peau de René : son histoire n'est pas terminée !


Bon, ben d'accord smile En tout cas , comme l'a dit Dem', on attend tous(je crois ^^) la suite de ton texte émouvant, Lydia smile
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Lamborghini



Nombre de messages : 10088
Age : 17

MessageSujet: Re: Poulet
Lun 31 Oct - 10:28

Wouaw, ton texte est vraiment... émouvant comme le disent les autres ad or , la suite serait la bienvenue!!
C'est vraiment magnifique!! wink wink
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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: 1 - Flash info
Lun 31 Oct - 12:05

Merci pour ces commentaires encourageants !
C'est sans doute émouvant mais c'est surtout atroce !
Mais je ne cherche pas à faire du gore... si je vais trop loin prévenez-moi !
Je pense à ce texte comme à un plaidoyer pour ce don du ciel qu'est la conscience...
et pour montrer que, dans les pires situations, rien ne vaut la conscience, l'espoir, la vie...

Je n'écrirai pas des suites très longues, et pas tous les jours...




… Il n’a jamais vu le jour...


1 - Flash info

Le monde est blanc.

Les néons s’allument. On ne voit rien. Des contours se dessinent, des formes apparaissent, grises, sur la trajectoire du blanc, puis le gris devient noir.

Pas un mot.

On arrache les poulets, cueillis par grappes, par le cou, par les pattes, par les ailes, membres tordus, membre cassés, membres arrachés. Au sol, les vivants et les morts indifféremment piétinés par des bottes de géants. Les cadavres flasques, morts ou vifs, ramassés avec de grandes pelles et empilés dans des poubelles à la bouche béante et baveuse. Les jets d’eau et d’ammoniac pour évacuer les excréments et le sang, et tout ce qu’un corps peut produire.
La farine déversée, la ruée, on s’y jette, on y plonge, on en est recouvert, et on se fait bouffer par les autres qui trouvent en vous un nouveau point repas.

Un poulet se démarque du lot. Dans son regard effrayé on perçoit une conscience, une analyse, une peur, une distance. Il évite la cohue, il cherche les coins où il ne sera pas bousculé.
Il ne se précipite pas avec la foule. Quand la lumière est là, il se cache et il observe. Il regarde le visage des hommes, des formes lointaines qui se ressemblent toutes. Il regarde derrière les hommes, le trou clair d’où ils sont sortis et par où ils s’en iront. Il respire. Il lui semble que l’air est moins chaud dans ce trou. Il écoute. Il lui semble que dans ce trou il n’y a pas de cris, il n’y a pas de mort.
Il regarde au plafond. Il aperçoit des petites formes sombres, aux endroits où, dans l’obscurité, il lui avait semblé entendre des murmures étranges, capté des odeurs inconnues. Une de ces formes ressemble à la forme que prend le trou lorsque les hommes viennent.
Les néons s’éteignent.

Le monde est noir.


Dernière édition par Lydia le Mar 1 Nov - 8:46, édité 1 fois
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Chevalier d'émeraude



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Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Lun 31 Oct - 13:15

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-Léa-



Nombre de messages : 2946
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Lun 31 Oct - 17:22

ple ur
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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: 2 - éveil de la conscience
Mar 1 Nov - 8:53

2 - éveil de la conscience

Un visage.
Les yeux écarquillés.
Les yeux de René s’habituent progressivement à l’obscurité.
Il pense et se remémore ses observations :

“Ils ne m’ont pas pris.
Ils sont partis
J’ai eu si peur.

Tous ces frères à terre
piétinés
Ils ne bougeaient plus
Ils me faisaient peur
eux aussi...

Le blanc d’avant,
ils étaient déjà là
et celui d’avant aussi
Immobiles
froids, pourris

Ce n’était pas les mêmes

Les hommes ont raclé par terre
pour décoller mes frères
Ils les ont jetés

Au prochain blanc il seront encore là

Je ne veux pas finir comme eux...

Ils ont attrapé mes frères debout
Ils les ont cassés.
Ils ont crié.
Ils n’avaient plus de voix
mais ils ont crié...

Ils les ont jetés...

Je ne veux pas finir comme eux...

J’ai mal...

dedans
J’ai mal quand je respire
ça me brûle
Ma chair

Quand je bouge, j’ai mal
quand je mange
j’ai mal
quand je regarde

Mais je dois regarder
Ne pas fermer les yeux...

Je ne veux pas finir comme eux...

Il mangent beaucoup
et ils dorment.
Ils n’ont pas mal quand ils dorment

je devrais faire comme eux
manger beaucoup et dormir

Ne plus avoir mal...

Ceux qui ont beaucoup dormi ne sont plus ici.
Les hommes les ont tous pris.
Ils étaient tous très gros...

Je ne veux pas finir comme eux...

Quand ils ouvrent les yeux ils continuent à dormir...
Il ne me voient pas.
Je leur parle, mais ils ne me comprennent pas.
Ils ne se parlent pas.
Ils ne font rien pour se comprendre.

Je ne les comprends pas...”



Dernière édition par Lydia le Lun 7 Nov - 23:11, édité 1 fois
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-Léa-



Nombre de messages : 2946
Age : 18

MessageSujet: Re: Poulet
Mar 1 Nov - 11:23

Lydia a écrit:
2 - éveil de la conscience

Un visage.
Les yeux écarquillés.
Les yeux de René s’habituent progressivement à l’obscurité.
Il pense et se remémore ses observations :

“Ils ne m’ont pas pris.
Ils sont partis
J’ai eu si peur.

Tous ces frères à terre
piétinés
Ils ne bougeaient plus
Ils me faisaient peur
eux aussi...

Le blanc d’avant,
ils étaient déjà là
et celui d’avant aussi
Immobiles
froids, pourris

Ce n’était pas les mêmes

Les hommes ont raclés par terre
pour décoller mes frères
Ils les ont jetés

Au prochain blanc il seront encore là

Je ne veux pas finir comme eux...

Ils ont attrapés mes frères debout
Ils les ont cassés.
Ils ont criés.
Ils n’avaient plus de voix
mais ils ont criés...

Ils les ont jetés...

Je ne veux pas finir comme eux...

J’ai mal...

dedans
J’ai mal quand je respire
ça me brûle
Ma chair

Quand je bouge, j’ai mal
quand je mange
j’ai mal
quand je regarde

Mais je dois regarder
Ne pas fermer les yeux...

Je ne veux pas finir comme eux...

Il mangent beaucoup
et ils dorment.
Ils n’ont pas mal quand ils dorment

je devrais faire comme eux
manger beaucoup et dormir

Ne plus avoir mal...

Ceux qui ont beaucoup dormi ne sont plus ici.
Les hommes les ont tous pris.
Ils étaient tous très gros...

Je ne veux pas finir comme eux...

Quand ils ouvrent les yeux ils continuent à dormir...
Il ne me voient pas.
Je leur parle, mais ils ne me comprennent pas.
Ils ne se parlent pas.
Ils ne font rien pour se comprendre.

Je ne les comprends pas...”




En rouge : Les accords du participe passé
-Quand il y a l'auxiliaire être avant le verbe, il y a automatiquement accord .

-Quand il y a l'auxiliaire avoir, pas d'accord, SAUF lors q' un COD se trouve avant l'auxiliaire (exemple : ils les ont jetés : les =COD avant aux. donc accord)


En vert : Répétitions : Pas de "me brûle ma chair , mais brûle ma chair, tout simplement wink


Voilà , je crois r ir
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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: Re: Poulet
Mar 1 Nov - 12:25

Bonjour Léa ! Merci pour tes corrections !

Pour les accords, tu as bien sur raison et je n'ai pas d'excuse (à part d'essayer de trouver une explication à ma distraction)

Pour les répétitions tu as moins raison.

J'ai utilisé beaucoup de répétitions volontaires dans ce texte : "j'ai mal"

mais le passage que tu indiques en vert n'en est pas une.

J'utilise le saut de ligne pour indiquer une respiration... un temps silencieux entre deux morceaux de texte qui ne sont pas des phrases commençant et finissant à un point et qui ne sont pas forcément liés à ce qui suit ou qui précède...


Je pense...

les mots viennent

silence

Je me cogne

ma tête

ma pauvre tête

silence


... Un poulet qui s'éveille à peine à la conscience n'a pas des pensées très structurées et ne respecte pas encore les règles du phrasé ^^

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The blobfish



Nombre de messages : 261

MessageSujet: Re: Poulet
Mar 1 Nov - 13:15

Bonne idée de déstructurer la phrase !
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Lydia



Nombre de messages : 63

MessageSujet: 3 - L’éclosion d’une idée fixe.
Lun 7 Nov - 23:16

3 - L’éclosion d’une idée fixe.

René se dirige vers la porte.
Il doit se faufiler, forcer le passage, passer par dessus la multitude des poulets :

“Attention !
Poussez-vous !
Laissez-moi passer !
Je vais là bas...”

La porte est haute, et elle est plus large encore. Elle s’ouvre par le milieu. Au niveau du sol, un rayon de lumière marque la limite.
Il passe son bec sous la porte et il pense “Si je reste là je vais me faire écraser”
Mais il reste. Il respire. L’air lui fait du bien. “qu’y a t’il dans ce trou ?”
Il pose sa tête bien à plat sur le côté et il ouvre son oeil le plus près du sol.
Il regarde.
Il ne comprend pas ce qu’il voit. Tout lui est inconnu, à part les hommes qui bougent et qui portent des grands casiers remplis de ses frères.
Il y a des couleurs qu’il n’a jamais vues, une lumière douce et agréable. Mais aussi des choses gigantesques qui se déplacent en faisant du bruit, des animaux monstrueux, sans plumes, avec des pattes à la place des ailes et des dents à l’intérieur du bec.
Il ne parvient pas à voir le plafond, et, derrière le mur, derrière le camion de transport de volaille, après le portail grand ouvert, il ne parvient pas à voir le mur suivant.
Il est bouleversé : “Tant d’espace autour ! on reste entassés ici ! Pourquoi ?”
Le hangar, qu’il trouvait jusqu’alors si “infiniment” grand qu’il n’avait jamais osé le parcourir sur sa longueur, restant sagement dans sa petite partie près de ses petits voisins, ce hangar lui parait soudainement minuscule !

“Je dois aller dehors” Sa perception du “trou” venait de changer. Le hangar devenait le trou.

Il se relève. Il ferme son oeil qui s’est chargé de lumière pour pouvoir de nouveau voir dans le noir. Il regarde l’intérieur du hangar en s’éloignant de la porte.

“Mais pas par ici. Trop d’hommes. Les monstres avec des dents. Grandes comme une patte !”

Il frémit.

“Trouver un autre passage. Plus loin, chercher sur les murs. Plus haut, sur le mur du haut”

L’image du petit trou “comme un trou d’homme” lui revenait à l’esprit. Il hésite un instant. S’il se lance dans l’exploration du hangar il n’arrivera plus à retrouver “son petit coin et ses petits amis”
Il les observe. Aucun ne se doute de la décision qu’il doit prendre. Chacun se tord dans sa douleur ou se réfugie dans son sommeil. Sa gorge se serre, mais ce n’est pas causé par la nourriture ou par l’air acide.

“Mes frères...”

Il se met en marche.
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Frère des Loups



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Age : 17

MessageSujet: Re: Poulet
Ven 18 Nov - 20:03

La suite, la suite !



Spoiler:
 
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Lydia



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MessageSujet: 4 - L’exploration du mur
Sam 19 Nov - 1:10

Merci pour ce rappel... J'avais laissé cette histoire un peu de côté.
Pour la peine, je me suis créé un avatar et une signature de circonstance.



4 - L’exploration du mur

Il avance en longeant le mur. Il pense : “il faut passer par le mur... Le mur est la peau.” Au pied du mur il fait encore plus sombre. Il a du mal à avancer. De nombreux poulets ont collé leur tête et leur ventre contre la paroi, parfois l’un sur l’autre, parfois sur trois étages.

“Pourquoi font-ils ça ?”

Il s’approche d’un bout de mur dégagé. Il y colle son ventre et il y colle sa tête.

“C’est frais !”

Il est bien. Comme s’il dormait, mais éveillé, et conscient qu’il est bien. C’est mieux que de dormir. Quand on dort on ne souffre pas, mais on ne sent pas qu’on est bien. On n’est pas bien : On n’est plus rien. Comme quand on est froid et pourri.

En touchant une des fins du hangar, il lui parait à nouveau moins grand.

“Le mur est la fin !”

Il reprend courage et continue sa progression en s’écartant un peu du mur.

Il marche un long moment sans rien trouver d’autre que le sol, la litière souillée, le mur et les poulets ventouse.
A mesure qu’il avance, la farine se raréfie. Les poulets fouillent la litière et mangent leurs excréments. Leur regard est sans expression. Ils sont zombies. Et, quand il ne restera plus rien d’autre, ils casseront leur bec sur le sol et mangeront leur bec.

“et pourtant ils sont gros !”

Il inspecte le plafond tout autant qu’il scrute le mur. Il a repéré plusieurs de ces formes sombres qui ressemblent au trou d’homme. Il n’en a vu aucun s’ouvrir.

Il a mal dans ses pattes. Il a soif. Il a chaud. Il doute à nouveau. Il se rapproche du mur pour s’y coller un instant.
Il voit de nouveau l'alignement sombre et frais se prolonger... Mais quelque chose a changé :

“La fin du mur !”

Ses yeux, déjà grands ouverts, s’écarquillent encore plus. Il court, il saute, il enjambe, son coeur bât très fort... Enfin il y est, il le voit, il peut le toucher :

“Un nouveau mur !”

Il est heureux. Il a accompli ce qu’aucun poulet avant lui n’avait même jamais pensé faire : La traversée du hangar dans sa longueur ! Tout lui semble possible. L'existence de ce nouveau mur, sa découverte, provoque une explosion de pensées dans sa tête en ébullition :

“Il n’y a pas qu’un mur !
Il y en a un autre !
Et peut-être encore d’autres ?

Il n’y a rien sur LE mur...
Sur le nouveau il y a peut-être ?
ou peut-être sur un autre ?

Il y a un nouveau mur
ça veut dire qu’il est différent !
sinon ce serait le même
il n’y en aurait qu’un !

Forcément !

A quoi servirait de faire plusieurs murs si c’est pour faire les mêmes ?”

Son intelligence vient de faire un pas de géant. Il est prêt à partir à la découverte du nouveau mur.
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Poulet

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