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Le destin ? Peut-être ?

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Maelys

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MessageSujet: Le destin ? Peut-être ?
Dim 26 Fév - 12:35

Bonsoir, alors ici je poste la première partie...
Les propos ou le sens de la répartie du personnage va vous paraître vulgaire, mais bon..

Alors je me lance :


Il était une fois une histoire..

‘ Un jour on m'a dit que vivre, c'était accepter de souffrir chaque jour. Mais je ne suis pas d'accord : si la vie devait vraiment être un supplice, l'amour n'existerait pas. ‘

Le 22 décembre, 17 :03

"Pousse-toi de là, tu vas te faire écraser par tous ces fous !"
Hugo regarde brièvement la jeune femme qui lui fait face. Un pli amer lui barre le front, et des cernes de lassitude assombrissent l'éclat de ses immenses yeux verts. Ses lèvres forment une moue boudeuse, de celles qu'ont les tout petits enfants lorsqu'ils veulent quelque chose, mais n'arrivent pas à se faire comprendre. Son regard est attiré par ses yeux verts, ombrageux. Il s'y perd, découvre de menues taches orange. De minuscules filaments bleu et or s'entrecroisent, créant tout un monde.

"Oh, qu'est ce que tu as ? Tu veux ma photo ?"
Redescendre sur terre. Ne pas s'attarder sur ses yeux. Faire comme si elle ne l'attirait pas.
" Ça te dérangerait d'être un peu moins agressive ?
- Je t'ai rien demandé, c'est toi qui me fixes comme si tu allais me sauter dessus !
- Et alors ? Ça te pose un problème ?
- Oui, un gros même !"
Il plisse les paupières, et fixe son interlocutrice. Beaucoup de gens se calment devant ce regard qui leur annonce une tempête, préférant regagner sagement la sécurité. Mais la femme devant lui, sans paraître le moins du monde impressionnée, enchaine :
" T'espères quoi avec ton regard à la sauvage ? Me faire peur ? Me fasciner ? Me fourrer dans ton lit ?
- Aucun des trois. "
Un passant derrière lui le bouscule, lui faisant renverser sa tasse de café sur le devant du chemisier de la femme. Furieuse, elle attaque :
" Putain ! mais t'es vraiment un cas, toi ! Je te préviens gentiment, tu me fusilles avec ton regard, et quand tu perds la face, tu me renverses ton café dessus... Tu le fais exprès, rassure-moi, tu n'es quand même pas aussi stupide que ça ?
- Alors, d'un, mon regard essayait poliment de t'inciter à fermer ta grande gueule. De deux, je n'essayais pas de te fourrer dans mon lit avec. De trois, je viens de te rendre service : la tache de café cache un peu le truc immonde que tu portes. De quatre, ça le rend transparent. Et pour finir, t'as des sacrés beaux seins."
Elle arrondit la bouche, surprise de la repartie. Ne sachant pas quoi répondre, elle le fusille du regard. Moqueur, il ré-attaque :
"T'espères quoi avec ton regard ? Me fourrer dans ton lit ?". Si tu veux, j'habite à deux pas d'ici. Si le cœur t'en dit, tu peux venir te nettoyer chez moi. Mais je te préviens, mon lit est réservé à mon usage strictement personnel, je ne compte pas que tu t'y allonges.
- Ça te ferait bien plaisir que j'accepte hein ? Tu m'aurais pour toi, et qui sait ce qui arriverait.
- En attendant tu fais ce que tu veux, mais tes vêtements sont tachés, tu manques cruellement de sommeil, ton maquillage est immonde, et en plus il va pleuvoir."
Lasse, elle ne relève même pas la critique.
" C'est par où chez toi ?"
Vaguement, il lève le bras vers la rue devant eux.
" Je te suis alors, je ne vais pas m'échapper, puisqu'apparemment, il faut que je me refasse une beauté de toute urgence. J'ai le droit d'accéder à la salle de bain, ou c'est aussi réservé à ton usage strictement égoïste ?
- L'accès à la salle de bain est libre, ainsi qu'à la cuisine et au salon."
L'une suivant l'autre, ils avancent, personnages anonymes dans une foule indifférente.
C'est parfois sur des dialogues anodins que se forment des histoires surprenantes. Comme quoi, le destin existe peut être..
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Maelys

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MessageSujet: Re: Le destin ? Peut-être ?
Dim 26 Fév - 13:46

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17 : 40

" Alors bienvenue dans l'appartement du sale petit égoïste qui a malencontreusement renversé son café sur ton immonde chemisier. Si tu veux bien te donner la peine d'entrer, ca nous éviterait de nous geler les fesses sur le palier."
A l'instant même où le dernier mot s'évanouit dans l'espace, un grondement de tonnerre fit claquer la porte d'entrée. Une ombre de peur voile les yeux de la jeune femme. Touché malgré lui, Hugo pose la main sur son épaule. D'un mouvement brusque, elle se dégage, et franchit la porte.
" La salle de bain, c'est par où ?"
Montrant la porte d'en face du menton, il répond :
" Y'a tout ce qu'il faut dedans. Les serviettes sont dans le placard à gauche de la douche. Le bouton bleu, c'est pour l'eau chaude. Le rouge, pour l'eau froide. J'ai fait quelques aménagements, le commun ne me convient souvent pas.
- Je t'ai pas demandé la couleur des chaussettes de ta grand-mère non plus ! Mais merci de me prêter ta salle de bain.
- Bah, rendre service à une belle inconnue qui m'insulte à la première occasion, quoi de plus normal ? Tu es quand même originale.
- Pourquoi ?
- Tu en connais beaucoup toi, des femmes qui acceptent d'aller chez un inconnu pour prendre une douche ?
- Non. Mais je suis la preuve vivante que ça existe."
Sur cette répartie, elle ouvre la porte de la salle d'eau, et la referme doucement. Hugo reste quelques secondes au même endroit, attentif au bruit de la porte qui coulisse, de la serviette qu'on déplie, au froissement des étoffes que l'on laisse tomber par terre. Il soupire doucement, et se dirige vers le salon pour allumer la cheminée. Le temps risque de se gâter pour un bon bout de temps.

Le bouton rouge pour l'eau froide, le bleu pour l'eau chaude. C'est assez singulier, mais il a l'air d'un drôle de bonhomme. Marion s'enroule les cheveux à l'aide de l'élastique qu'elle porte au poignet, et ouvre prudemment le robinet. Un jet glacé lui asperge le corps, lui faisant pousser un petit cri. Le bleu pour le chaud, le rouge pour le froid. Elle n'y comprend rien, appuie et tourne les boutons, sans parvenir à autre chose qu'à se frigorifier encore plus. En désespoir de cause, elle ressort, et s'enroulant corps et cheveux dans deux serviettes assorties, elle sort sur la pointe des pieds. A sa gauche, au fond du couloir, la porte d'entrée, avec le manteau de son hôte accroché à côté. A sa droite, s'ouvrant dans le mur d'en face, une porte entrouverte. Tout au fond, une autre porte, entrouverte elle aussi, d'où filtre une lumière dorée. Elle s'avance prudemment, et passe la tête dans l'ouverture. Il lui tourne le dos, occupé à fourrager dans une pile de disques qui menace à tout instant de s'écrouler. Ayant vraisemblablement fini par trouver ce qu'il cherchait, il en insère un dans l'ouverture, et retourne s'asseoir, un verre fumant à la main, sur le canapé d'angle devant la cheminée. Marion repère au passage quelques tableaux, tous représentant un paysage marin, à chaque fois différent. Des éclairs zèbrent le ciel, mais elle ne s'en rend pas compte, les yeux fixés sur les reflets dorés que projette le feu sur les cheveux de son spectateur. Sous ses pieds gelés, le bois craque, et l'homme tourne vivement la tête. La remarquant, il la gratifie d'un sourire mi-figue mi-raisin, et lui demande :
"Eh bien, tu y vas vite toi. La douche n'était pas à ton goût ?
- Je n'arrive pas à l'allumer.
- Le bouton bleu c'est pour l'eau chaude, et..
- Et le rouge, pour l'eau froide, je sais. Mais j'ai essayé tout ce que j'ai pu trouver, et je n'ai réussi qu'à me geler encore plus. "
Il se lève sans un mot, et la précède vers la salle de bain. Entrant dans la douche, il farfouille quelques secondes, puis ressort et examine les interrupteurs près du placard à serviettes, jusqu'à laisser échapper un petit rire.
" Normal que ça ne fonctionne pas : tu as éteint le chauffe-eau en ouvrant la porte !
- Je n'étais pas censée savoir !"
Il appuie sur un bouton, et rentre de nouveau, tournant le robinet bleu.
" Et voilà, maintenant tu as de l'eau chaude.
- Merci."
Il la regarde quelques secondes, avec un regard insistant.
" Tu ne trouves pas ça bizarre ?
- Quoi donc ?
- Toi à moitié nue dans la salle de bain d'un inconnu.
- Si. Mais je croyais que tu n'aimais pas le banal."
Une étincelle qu'elle n'arrive pas à identifier traverse brièvement son regard.
" C'est vrai. Et pour le coup, je suis servi. Bon, je te laisse."
Sur ces mots, il sort en claquant la porte, un peu plus fort que nécessaire, semble-t-il à Marion. Songeuse, elle laisse tomber les serviettes par terre, et s'enfonce sous le jet brulant et régénérant.
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Maelys

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MessageSujet: Re: Le destin ? Peut-être ?
Mar 28 Fév - 15:46


Suite

18 : 01

En apparence indifférent, Hugo s'installe de nouveau sur le canapé, et reprenant sa tasse, il fixe le feu. Depuis quand n'y a-t-il pas eu une femme dans son appartement ? Depuis quand n'est t-il plus rentré seul ? A quand remonte la dernière fois qu'il a entendu le bruit de l'eau qui coule, assis bien au chaud devant le feu, alors que dehors l'orage gronde ? Il essaie de se souvenir de la dernière femme qui est sortie de sa vie..

/ - Chéri, l'électricité a encore sauté tu peux la rallumer s'il te plait ?

- Mais tu n'as rien compris imbécile ! Je n'en peux plus de notre quotidien ! Je n'en peux plus de ne pas savoir avec qui tu es, quand est-ce que tu rentreras, de tes mutismes butés, des soirs où tu rentres avec une odeur étrangère sur la peau ! Je n'en peux plus de ton regard qui me transperce jours après jours, du pli de tes lèvres quand je pose des questions ! J'en ai marre de notre couple qui s'enfonce dans l'incertitude, à cause de toi, toi ! Tu comprends ça ? Est ce qu'au moins tu peux comprendre ça ?

Une main qui froisse les draps chauds, qui tâtonne dans l'obscurité à la recherche d'un autre corps. Qui rencontre une joue, la remonte lentement, et se glisse derrière une nuque. Un soupir étouffé, une présence qui se déplace. Des lèvres qui se touchent, deux corps qui se découvrent et se redécouvrent. Des jambes entrelacées, deux corps confiants et endormis.

- Casse toi. Je ne te demande pas grand-chose Hugo. Juste de te casser de ma vie, de me laisser en paix. Va-t'en. S'il te plait, va-t'en avant que je n'appelle quelqu'un.

Deux regards qui se croisent, une étincelle.. /

- Merci pour la douche.
Sans se retourner, il serre les mâchoires, et refoule la nostalgie. Après s'être repris, il répond d'une voix ferme :
- Désolé pour le café.
- Pardon pour mon agressivité.
- Je m'excuse pour le chemisier et le maquillage.
- Excuses acceptées.
- Tu es excusée.
Il devine son sourire dans son dos, sans le voir.
- Au fait, moi c'est Hugo.
- Marion.
Un silence suit, traversé seulement du craquement des buches. Toujours sans la regarder, il relance :
- Une tasse de chocolat, ça te dit ?
- Oui, mais des vêtements me conviendraient d'abord mieux.
Il croit déceler dans sa voix une note de provocation.
- Tu n'en as pas ?
- Non, désolée. Personnellement, je ne me promène pas avec un sac d'affaires de rechanges pour des cas comme celui-ci.
- Alors pour le moment tu n'as qu'une serviette ?
- Tu n'as qu'à regarder toi-même.
Cette fois, il en est sur, il a bien entendu une sorte de provocation. Résistant à l'envie de se retourner, il répond :
- A quoi ça me servirait ?
- A ne pas poser des questions idiotes. Que veux-tu que j'aie sur moi mis à part une serviette, puisque je n'ai pas de vêtements ?
- Comment dire..
- Oui ?
- Tu pourrais aussi très bien ne rien avoir du tout !
Il sent le rire le secouer silencieusement. Un bruissement d'air l'averti qu'elle se déplace. Des mains fines et fraîches se posent sur ses épaules. Il retient son souffle.
- Alors, tu peux m'en prêter ?
- J'ai pas envie de bouger.
- Dis-moi où les chercher.
- Pas envie non plus que tu fouilles dans mes affaires.
- Alors je fais quoi ?
- Tu t'assois, tu bois ta tasse de chocolat, et tu te tais.
Elle s'apprête à protester avec véhémence quand un coup de tonnerre plus fort que les autres fait trembler la baie-vitrée. Il sent ses mains se resserrer d'un coup, puis frissonner.
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Lydia

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MessageSujet: Re: Le destin ? Peut-être ?
Mer 29 Fév - 0:42

Belle écriture !
Je n'ai pas tout lu (il se fait tard et je dois me lever tôt)
Mais je reviendrai pour lire la suite ! ^^

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Maelys

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Age : 20

MessageSujet: Re: Le destin ? Peut-être ?
Dim 25 Mar - 21:55

- Tu as froid, et tu as peur de l'orage. Je me trompe ?
- Pas du tout..
- Personne ne t'attend ?
Question innocente. Est-elle fiancée, a-t-elle un petit ami ?
- Non, personne. Mis à part mon lit glacé, personne.
Cette fois ci, une note de tristesse perce dans sa voix.
- Fatiguée ?
- Oui. J'ai eu une journée fatigante et..
- Tu aimes les chats ?
- Euh, oui pourquoi ?
- J'en ai un. J'espère que tu n'es pas allergique.
- Non.
Toujours ces mains, qui reposent sur ses épaules. La présence d'un corps si près de lui, la promesse d'une sécurité dans ces bras.
- Tu veux ton chocolat, oui ou non ?
- J'ai le choix ?
- Non, pas vraiment.
Résister à l'envie de se retourner, de la regarder. Ne pas lui dire l'inexplicable attirance qu'elle exerce sur lui. Ne pas montrer sa faiblesse, jamais. Il l'a appris à ses dépens.
- Tu t'assois un moment alors ?
- J'ai.. vraiment peur de l'orage.
- Et alors ? Tu n'es plus une petite fille.
Il sent qu'il l'a blessée. Aussitôt, il fait marche arrière, maladroitement.
- Désolé. Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- Pourtant tu l'as dit.
Gauchement, presque timidement, il recouvre d'une de ses mains celle, toute petite, qui pèse comme une plume sur son épaule.
- J'ai 24 ans.
- Moi du 24 décembre.
- Quelle année ?
- La même que la tienne.
- Je suis né le 23.
- Ça ne te donne pas pour autant le droit d'emprisonner ma main comme si j'allais m'échapper.
- C'était involontaire.
Il sent son regard braqué sur son cou. Dehors, Manhattan est recouvert lentement par des bourrasques de neige qu'a apporté l'orage. Mais leur monde à eux se réduit au cercle de lumière que projette le feu, à cette main sur cette épaule. Le monde tourne autour de ces deux personnes, comme si le temps avait été suspendu, seulement pour eux. Sur la Terre entière, des gens naissent, meurent, se lèvent ou vont se coucher. Certains sortent de leur voiture, d'autres payent leurs achats avec la peur que la machine ne signale que leur compte en banque est vide, pendant que d'autres encore se font ouvrir la portière de leur BMW 306, l'Iphone dernier cri vissé à l'oreille pour recevoir les dernières nouvelles de l'avancement de la fortune de son milliardaire de propriétaire. Mais ça, ces deux inconnus que le destin a réuni, ils s'en fichent, et leur monde à eux se cantonne au cercle de lumière sur le bois.
Silence.
- J'ai de la crème maison pour le chocolat si tu veux..
- Tu as du sucre ?
- Oui, aussi.
Silence.
- Elle est où la crème ?
- Dans la cuisine.
- Où ça ?
- Près de l'évier.
- Où ?
- Dans le placard.
- Lequel ?
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La Fille des Elfes

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Nombre de messages : 133
Age : 16

MessageSujet: Re: Le destin ? Peut-être ?
Sam 21 Sep - 13:30

Impressionnant ! J'attend la suite !
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Le destin ? Peut-être ?

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