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Souvenirs d'une nuit.

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Maelys



Nombre de messages : 456
Age : 19

MessageSujet: Souvenirs d'une nuit.
Jeu 1 Mar - 13:10


PARTIE 1 .


Tout a commencé une nuit d'été. Je marchais près d'un lac, dont je ne me souviens malheureusement pas le nom. Mes souvenirs ne sont pas tous clairs mais certains instants et certaines paroles me reviennent par moment avec une précision de couleurs, d'odeurs et de sons extraordinaire.
Si vous le permettez, je vais vous conter ces instants, magiques et mystérieux, dont je me souviens.

Alors que je me penchais pour saisir une fleur d'un rouge profond, une musique me parvint et m'enchanta. De saisissement, je m'arrêtai en plein mouvement et tendis l'oreille en tentant de saisir cette mélodie, pleine de sons graves qui me faisaient voyager. Je revoyais en pensée divers instants de ma vie. Autant les bons moments passés avec mes amis que ceux dont mon corps et ma pensée avaient gardé les marques.
Des sons riches et graves me faisaient frémir pour me soulever quelques instants plus tard avec un son argentin qui me ravissait. Je commençais à me laisser porter par le chant, ne faisant plus attention à ce qui était près de moi.
Je sentis tout à coup un bras me saisir la taille. Je n'étais plus moi-même, mes sens ne répondaient plus. Ne restait que l'ivresse de cette musique, qui me transportait dans des sommets chatoyants et multicolores. Ce fut à peine si je sentis qu'on me soulevait. Je ne commençai à me débattre que lorsque je me rendis compte que la mélodie s'éloignait à mesure que mon porteur marchait.

Je mordis, griffai, criai, hurlai, suppliai et pleurai, mais celui-ci ne voulut rien entendre ni comprendre et continua, imperturbable, à avancer.
Je me laissais alors emporter sans résister vers un lieu de moi inconnu. Ce ne fut que quelques heures plus tard, lorsque j'ouvris les yeux, que je me rendis compte que la marche et le doux balancement au rythme des pas m'avaient endormie. Les yeux à moitié ouverts, le souffle lent, je sentais mon esprit revenir peu à peu dans mon corps étrangement détendu. Puis les souvenirs commencèrent peu à peu à affluer : je me souvins de mains dénouant mes cheveux, de doigts frais et agiles délaçant les fils de ma robe et caressant ma peau brulante. Puis le bruit de mes vêtements tombant à terre. Je m'attendais à une suite, mais rien ne vint. Je commençais à m'inquiéter de mon absence de souvenirs lorsque les efforts que je faisais pour me rappeler ma soirée déclenchèrent un mal de tête. Je laissais alors tomber pour glisser dans une douce torpeur.

J'entendis la musique qui m'avait tant ravie, alors que mon corps commençait à reprendre ses droits et que mes sens et mes souvenirs revenaient. Je tendis l'oreille et me vis repartir. Mais pas avant d'avoir senti les mêmes mains que la veille passer le long de mon corps engourdi. Je fis un effort pour m'empêcher de sombrer et réussis à revenir à la réalité. Une peur mesquine, profonde, m'envahit et je ne fis par réflexe aucun geste.
Ce fut au bout de quelques instants de clarté que je commençais à sentir une haleine chaude passer sur mon ventre, sur ma poitrine, dans mon cou. Des lèvres fraiches m'embrassaient avec douceur comme si j'étais un objet fragile qu'il ne fallait pas briser. Je fis un effort pour ouvrir les yeux et entrouvris les lèvres pour murmurer dans un souffle.
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Maelys



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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une nuit.
Jeu 1 Mar - 19:27


PARTIE 2.

- Qui êtes-vous ?
Ce fut ces mots qui arrêtèrent l'inconnu. Je pris peur et essayai de me durcir en prévision d'un coup. Mais mon corps endormi ne répondait plus, comme la veille au soir. Mon porteur se souleva légèrement et m'embrassant une nouvelle fois avec douceur, déclara d'une fois chaude et grave :
- Je ne suis qu'un passant, qui voyant une forme fine et gracieuse se pencher vers l'eau, a pris peur et s'est approché par peur de vous voir tomber.
Je le laissai me toucher quelques instants, le temps de réfléchir à ses paroles.
- Mais, je n'allais pas me noyer, j'essayais seulement de savoir d'où venait la musique que j'entendais.
- La musique venait de l'eau.
- Ce n'est pas possible que l'eau chante, répondis-je.
- L'eau ne chante pas, ce sont les sons de la nature, le vent passant dans les roseaux, les animaux se frayant un chemin à travers les herbes, la lumière de la lune se reflétant sur le lac qui se sont réunis. C'est ce que l'on appelle dans ce pays la musique des rêves.
- C'est donc que ces instants sont des rêves ?
- Non, vous vous êtes trouvée le jour de la trêve au bord du lac de l'union. Vous n'auriez pas dû essayer de saisir cette musique. C'est ce son qui vous a enchantée et, saisie par cette mélodie, vous avez voulu aller rejoindre ces artistes. Je vous l'ai déjà, vous êtes maintenant au pays de l'enchantement.
- Mais je ne suis donc plus chez moi ?
- Je suis un habitant d'un monde pareil au votre, si ce n'est l'absence de violence, d'injures, de peur et de haine.
- Nos mondes ne sont donc pas les mêmes ?
- Nos mondes sont maintenant pareils car vous êtes dans le mien.
- Comment avez-vous alors réussi à me voir, à me toucher ?
- Nous étions au même moment sur les lieux où fut conclu l'accord.
- Quel est cet accord, quelle est cette union, cette trêve dont vous me parlez ?
- C'est le soir où les éléments se mirent d'accord pour fonder un monde nouveau.
- Dans le mien, il n'est jamais question d'un renouveau.. ?!
- C'est que dans le votre, haine, violence, peur, amour, bonheur, confiance et douceur se côtoient. Les gens n'ont pas le temps de penser à l'histoire qui s'est passée il y a si longtemps que les écrits n'en gardent aucunes traces et que ce récit, devenu légende, n'est gardé vivant que par certains instants, comme celui que vous avez vécu.
- Je dois donc comprendre que je ne reviendrai jamais chez moi ?
- Vous êtes ici chez vous.
- Je n'ai pas ma famille, ni mes amis. Ce n'est donc pas chez moi.
- Dans votre corps, vous n'avez pas vos proches et pourtant, vous êtes chez vous !
- C'est vrai. Dois-je comprendre que je ne les reverrai jamais ?
- Non, le passage d'un monde à l'autre est à sens unique.

Je le fixai, assommée. Je refusais de comprendre ce que mon corps avait accepté. Voyant mon angoisse et mon hésitation, mon compagnon me prit la main et chuchota :
- Si ma présence est source de troubles, je me retire et vous ne me verrez plus.
Je m'accrochais à lui, serrant mon corps nu contre le sien et le sentis frémir et se tendre.
Je le regardai dans les yeux et assénai :
- Je ne connais personne d'autre que vous, et vos paroles et vos actions m'ont assez bien fait comprendre que je n'étais pas indésirable dans votre vie.
Il me regarda, hésitant, cherchant à savoir où je voulais en venir. Puis, comme si ces mots étaient source de douleur et en même temps de joie, il me parla.
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Maelys



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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une nuit.
Dim 25 Mar - 21:56

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- Je ne veux pas m'imposer dans cette vie qui se renouvelle, je vous instruis seulement des règles principales qui régissent ce monde. Vous déciderez ensuite de ce que vous voulez faire de moi.
Je me serrai un peu plus contre lui et j'entendis son souffle accélérer puis ralentir sous l'effort qu'il faisait pour se contrôler.
- Les lois d'ici sont toutes simples. Sous peine d'un retour à la case départ de votre vie, vous ne devez pas porter tort à quelqu'un, ni lui faire de mal. De toute façon, vos instincts ne sont pas portés à ça. Vous vous devez d'aimer, d'être en accord avec vous même. Vous vous devez de donner la vie, de soulager ceux qui en ont besoin. Vous n'avez pas le droit de blesser une personne, qu'elle soit plus ou moins influente que vous. Personne n'est plus fort que d'autre, tous ont la même autorité. L'argent ne circule pas, les objets dont vous pouvez avoir besoin sont à votre disposition. Personne n'est fainéant, tout le monde travaille, mais à son rythme et sur ce qu'il veut. Les voitures n'existent pas, vous avez seulement besoin de faire le vide en vous et de choisir en pensée un lieu où vous voulez aller.
- Ces règles sont la base d'un monde parfait...
- Pas parfait, car rien n'est parfait. Seulement, c'est un monde plus idéal que le votre.
- Est-ce normal que mes souvenirs de mon monde disparaissent ?
- Oui, ne resteront que ceux qui vous ont le plus marqués. En avez-vous ?
- Je me souviens d'une phrase. Un ami que j'aimais énormément il me semble, me l'avait dite.
- Quelle est cette phrase ?
- J'aurais besoin que tu m'inventes un monde meilleur, où personne ne souffrirait et où la règle principale serait d'aimer.
Je le regardai dans la lumière déclinante du soir caressant sa peau chaude, baissai la voix et lui dis :
- Mais je commence à oublier ces instants. Je voudrais ne vivre que le présent, si possible avec vous.

Il leva lentement la main et dessina le contour de mes lèvres avec ses doigts. Voyant que j'avais compris et que les paroles n'étaient pas nécessaires, il ramena le drap qui nous couvrait et ferma les yeux. Ne comprenant pas ce qu'il voulait faire, je me contentais de le regarder.
Je crus entendre la musique qui m'avait séduite et faisant attention à ce qui m'entourait, je reconnus le chant. Je regardais dans sa direction, sentant que son corps se faisait plus léger. Le son grave, riche et profond s'élevait de sa gorge.
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Arcane



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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une nuit.
Jeu 31 Mai - 20:39

C'est magnifique !
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Souvenirs d'une nuit.

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