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Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust

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Nelson



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MessageSujet: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Mer 15 Mai - 13:54

L'écrivain Marcel Proust raconte dans un de ses livres qu'en gouttant une madeleine trempée dans une tisane, la saveur lui a rappelé les goûters de son enfance, et soudain de nombreux souvenirs enfouis semblèrent jaillirent peu à peu de sa tasse, et de sa mémoire, à chaque bouchée ... l ov



Vous aussi, vous est-il arrivé qu'un lieu, un objet, une photo, un goût, un son ou une musique vous transporte dans le passé et vous fasse revivre des souvenirs oubliés ? Racontez-nous cela smile
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Nelson



Nombre de messages : 755

MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Mer 15 Mai - 13:56


Souvenirs d'un temps perdu



Cela m'a d'abord paru stupide. Dans un premier temps, j'étais galvanisée  à l'idée de revenir une nouvelle fois dans cette maison de vacances si calme, tranquille, paisible, agréable, reposante, cet endroit où tout paraissait simple et évident, où les tracas du quotidien s'envolaient et s'entremêlaient à la douce brise estivale, pour se perdre à jamais dans les mouvements déchaînés de l'Atlantique.




Il y faisait beau et chaud en toute circonstance. Chaque année, accompagnée de mon amie, lorsque je retrouvais cette atmosphère si singulière, j'éprouvais au plus profond de mon cœur un sentiment d'allégresse absolue : c'était comme être au septième ciel. Je n'aurais jamais prédis que cette fois, tout serait différent. Que ce lieu si cher à mon cœur ferait remonter en moi des souvenirs si intimes, ancrés dans ma mémoire, enfouis dans ses cages imaginaires cadenassées au plus profond de mon être, enfermés tel un monstre bouillonnant qui attendait, impatient, un élément déclencheur pour s'échapper de ma tête.

C'était une éclatante journée d'été, moi et mon amie étions dans la voiture, sillonnant les forêts luxuriantes de pins landais, en direction de ce coin de paradis où nous nous rendions depuis notre enfance. Nous étions impatientes, guillerettes, enthousiastes à la limite de l'euphorie. Nous crions, chantions, nous nous esclaffions, piaffions, folâtrions jusqu'à ce que, par les vitres sales de l'automobile, nous distinguions le chemin qui nous conduirait à la demeure familiale. Les roues de l'automobile crissaient sur les graviers, elle continua sa route jusqu'à s'arrêter dans le ravissant jardin de la villa. C'est à ce moment que tout bascula. Au moment où mes pieds nus entrèrent en contact avec le sable brûlant et que les effluves parfumées qui émanaient des géraniums en fleurs se glissèrent dans mes narines, à l'instant où mon regard se tourna vers le vieux hamac multicolore désespérément vide, c'est alors qu'un sentiment destructeur s'empara de mon esprit, à tel point que je m'envolai ailleurs, je partis dans un autre monde, un endroit que je reconnus immédiatement. Parfois, il y a des noms, des mots, des odeurs, des sons, des sensations qui vous transpercent le cœur et vous ramènent à des lieux, un temps où vous étiez bien, où vous étiez heureux.




 Nous déambulions au bord de la grève, le sable était froid et humide, nous riions lorsque l'écume caressait nos pieds nus. Le temps semblait s'arrêter, nous étions seules. Trois femmes admirant les nuances subtiles qu'offrait le ciel à cette heure ci. Je me souviens parfaitement de sa voix douce, rassurante, berçante. Ce soir là, elle ne parvenait pas à s’empêcher de fredonner ce refrain. Cette mélodie qui avait rythmé nos vacances. Nous nous moquions d'elle, elle chantait si faux. Tout à coup, je sentis une goutte tiède dégouliner sur ma joue. Chantait-elle mal au point de chasser le beau temps qui avait perduré, sans aucun nuage, tout l’après midi ? Certes il se faisait tard, cependant, aussi loin que je me souvienne, il pleuvait rarement en plein mois d’août. « Tu vois bien que tu aurais dû te taire ! Nous allons finir trempées par ta faute ! Promets que plus jamais tu ne chanteras ! » lui avais-je reproché en plaisantant. Elle acquiesça, le sourire aux lèvres. La pluie tombait de plus en plus fort, un vrai déluge ! Nous courions pour rejoindre la maison, le vent frappait mes jambes dénudées, il giflait mon visage et décoiffait mes cheveux. Mon corps était entièrement engourdi par cette pluie diluvienne mais cela n'avait aucune importance à mes yeux. Nous étions toutes les trois, hilares, ruisselantes, à sprinter, à nous esclaffer, j'avais les larmes aux yeux, des larmes de joie, de félicité, d’allégresse, mon sourire traduisait la liesse que nous éprouvions. Je ne m'étais jamais sentie aussi libre qu'à ce moment, en accord avec la nature, entourée de mes amies. Du bonheur à l'état brut, c'était mieux que tout.



 
 Est-ce cela la nostalgie ? Cette impression de tomber dans le vide, de perdre pied, ce sentiment qui chamboule notre existence par vague de souvenirs, ces visions qui nous submergent entièrement, nous envahissent, nous serrent le cœur, nous nouent la gorge, nous vident l'estomac, embuent nos yeux. Si c'est de cette façon que la nostalgie se présente, elle me rend malade. Elle s'invite dans notre esprit sans prévenir, pour ensuite disparaître en laissant derrière elle des millions de poussières de mélancolie et de regrets. Elle sait déceler ce que nous nous donnons tant de mal à cacher.  Comment lutter contre ça ? Si votre esprit, lui aussi, vous trahit et fait remonter en vous des souvenirs déchirants, si même votre inconscient vous incite à abandonner, vers qui pouvez vous vous tourner pour rester fort ? Se plonger dans le passé est délicat car  les souvenirs sont les seules choses que nous ne pourrons jamais changer. Je n'ai rien pu faire quand elle est morte. Depuis, je ne l'ai jamais effacée. Elle était toujours là, au fond de mon cœur, elle prenait juste un peu de place, pas assez pour que je pense à elle tous les jours mais suffisamment pour que je ne l'oublie pas. J'évitais de me replonger dans mes nombreux souvenirs, je voulais aller de l'avant. Le hamac est toujours vide et il le restera pour l'éternité. Elle s’allongeait souvent dedans, je l'observais dormir, son visage captait les rayons du soleil. C'était comme si elle était en face de moi, si proche et si loin à la fois. Ce fut un électrochoc, un tremblement de terre intérieur, un véritable cataclysme. Les battements de mon cœur s'accéléraient, j’eus l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine, éclater en mille morceaux, mille petits morceaux de mon cœur brisé répandus sur le sable fin. J’étais vulnérable, ballottée de ci et là par mes sentiments cependant à l’extérieur je restais stoïque, mon visage ne dégageait aucune émotion. J'étais là sans l'être vraiment, fixant de mon regard vide ce hamac, repensant au flash-back de cette soirée sur la plage, il y a un an. Julia m'interpella : « Viens au lieu de rêvasser, nous devons aller poser nos affaires dans la chambre du haut ! »  Julia aussi doit songer à elle mais ne le montre pas. Nous savons l'une comme l'autre que rien ne sera comme l'été dernier. Elle n'est plus là. Pourtant, je l'ai vue. C'était court, bref, fugace mais je ne regrette rien, cette vision me ramena le temps d'un instant vers elle, et pour quelques minutes, quelques heures, nous étions encore ensembles.


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*Personne*



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MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Mar 21 Mai - 20:48

Ma Madeleine de Proust



Cet après-midi, j'ai décidé de ranger ma chambre quand, tout à coup, cachée sous mon lit, je découvris une photo de moi et mes frères, en train de prendre le bain, dans la salle de bain rouge qui est au premier étage de la maison de mes grands-parents.

Ça m'a rappelé ce moment presque oublié de mon enfance, quand on prenait des bains à trois dans la baignoire, on jouait souvent avec les petits hippopotames, ça m'a rappelé que j'avais tout le temps le jaune vu que c'était le plus petit, on s'amusait à faire la course, et mon frère aîné avait eu l'idée de vider la bouteille de savon dans l'eau : on avait eu de la mousse jusqu'à la tête, je me rappelle que je n'avais pas beaucoup aimé la texture de la mousse sur ma peau, et aussi que cela piquait mes yeux, j'avais même pleuré, et pour me redonner le sourire mes frères se faisaient des barbes avec la mousse, ça m'avait fait beaucoup rire. Mais cela n'avait pas duré longtemps, car ils commençaient à m'éclabousser et la mousse est arrivée dans mes yeux et je me rappelle que ça m'a brûlé et ça piquait, alors là j'avais hurlé. Ma mère a ri en nous voyant ainsi, elle a pris cette photo et elle est venue me rincer les yeux puis elle m'a sortie de l'eau, et m'a essuyé avec une serviette de coton toute douce, ça m'a donné des frissons cette douceur rassurante sur mon corps.


Dernière édition par *Personne* le Mer 29 Mai - 18:04, édité 1 fois
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Démon
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MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Mer 22 Mai - 19:01

Un jour des vacances d'été, avec plusieurs amis, nous avons eu la sublime idée de faire un cache-cache dans ma maison. Un de mes amis commence à compter jusqu'à environ 50. On avait tous à peu près 12/13 ans, c'est pourquoi, nous avons tout de même un peu d'appréhension à l'idée de nous dissimuler dans l'obscurité.
En allant m'éclipser, une autre pensée remarquable me vient à l’esprit : aller me cacher dans le capharnum de mon grenier. C'est alors que je mei mis à marcher furtivement, cependant, on pouvait ouïr craquer les planches de l'escalier qui colimaçon qui montait comme en volute. Une fois avoir passé la porte de mon grenier, même sans avoir de crainte des ténèbres, une frayeur voire une angoisse atteint mon âme.
On pouvait y entendre les volets claquer et grincer, le vent bruire dans les tuiles. Suite à avoir découvert le petit interrupteur et à avoir allumer la lumière, je venais de trouver un coffre pour m'y cacher, je l'ai ouvert et regardai ce qu'il y avait à l’intérieur.
C'est alors que je trouvis une boite avec écrit mon nom, Régis. A l’intérieur ce cette boite, il s'y trouvait trouvait un album photos.
Dans ces photos, il y avait des images de moi avec une peluche qui me rappelait de joyeux souvenirs, comme le jour où je l'avais emmenée dans la forêt, dans les champs, à regarder les majestueux papillons aux moultes couleurs. Ensuite, cette peluche me rappelle des folles batailles d'oreiller, entre amis. cette peluche, c'était ma Grand-mère qui me l'avait offerte pour mon anniversaire. Celle-ci me servait à me calmer quand je pleurais comme une madeleine.
Cette peluche ressemblait à un affectueux lapin, il était gris. Bref, c'était un magnifique souvenir qui restera à gravé dans mon cœur, grâce à cette partie de cache-cache.
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Grominet



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MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Jeu 23 Mai - 19:07

Aujourd'hui, c'est jour de grand ménage à la maison. Avec mes parents et mon frère, nous nous activons à débarrasser le grenier de toutes les vieilleries inutiles qu'il contient. Meubles, cartons, habits, photos tout y passe, ainsi que les souvenirs. J'étais en train de farfouiller dans ce capharnaüm, lorsque je mis la main sur un carton, sur lequel était écrit "photos". Curieuse, j’ouvris le carton et à ma grande surprise je n'y vit qu'une seule et unique photo. Je la pris dans ma main et me remémorai cette journée.


 C'était un bel après-midi de novembre, je ne me souviens plus de la date exacte, mais je crois que c'était aux alentours du vingt. Il faisait agréablement bon pour la saison, je venais de fêter mes six ou sept ans, je ne sais  plus trop. Cet après-midi, toute la famille s'était réunie autour d'un grand goûter convivial. Ma mère avait préparé pâtisseries et entremets à profusion. Depuis la rue, on entendait les rires, les cris, les voix rauques de mes oncles et celle plus fluettes de mes tantes. La maison respirait la bonne humeur, la joie, l'hilarité, la bonheur. De joyeux bambins couraient autour, sautaient, jouaient au ballon tandis que les mamies qui étaient assises sur les transats nous regardaient amusées. Je me souviens, quand il fut l'heure de manger le gâteau, j'étais euphorique, une vraie pile électrique! J'allais enfin recevoir mes cadeaux et pouvoir souffler mes bougies. Tout le monde étaient attablés. J'étais le centre de l'attention, j'en étais satisfaite d'ailleurs. A côté de moi, il y avait mon tonton, il faisait des grimaces un vrai pitre, celui-ci. Je me rappelle particulièrement de ce moment où il était arrivé près de mon petit frère et moi et nous avait demandé avec un petit sourire malicieux si nous voulions de beaux chapeaux. Bien sûr que oui, nous en voulions! Mais dès qu'il revint, il nous mit un bonnet d’âne sur la tête. Tout le monde fut hilare, excepté moi, qui déteste que l'on se moque de moi. Je croisai les bras et boudai dans mon coin, ce que fit rire de plus belle l'assemblée, moi y compris. Cependant, il ne fallait pas rire, il fallait montrer que je n'aimais pas qu'on me prenne pour un âne. Je me trouve bien susceptible et bête d'avoir réagi ainsi. Voilà ce que représentait le cliché, nous trois, mon oncle, mon frère et moi, portant chacun un magnifique bonnet d'âne en serviette de table et gros gâteau au chocolat sur lequel étaient posées sept bougies. J'avais sept ans. Ce fut un superbe après-midi.

 A présent, dans le grenier, j'entends encore les rires, qui d'ailleurs n'ont plus jamais retenti d'une telle manière depuis ce jour et qui ne retentiront sans doute plus jamais comme cela C'était un bel anniversaire! C'est avec un sourire nostalgique et des pensées tournées vers le passé, que je remis la photo à sa place initiale et refermai la boîte contenant la dernière trace, du dernier sympathique et agréable anniversaire en famille...


Dernière édition par Grominet le Jeu 23 Mai - 19:30, édité 1 fois
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Océan



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MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Jeu 23 Mai - 19:11

Fréquemment en fin d'après-midi, je me promenais le long de la grève, pour contempler les nuances de roses orangés du coucher de soleil. Je sentais l'odeur de la mer, ainsi que le vent dans mes beaux cheveux raides et bruns. Par moment,je crus distinguer une odeur qui m'était familière, mais j'étais dans l'impossibilité de la reconnaître. Je cherchais en vain, mais aucun souvenir ne me revenait. J'achevais alors ma promenade, et je rentrais chez moi afin de retrouver mes parents et mon petit frère mais surtout pour méditer encore sur ce parfum. Durant l'ensemble de la soirée, je n'étais pas bavarde, mais je percevais les jérémiades abondantes de mon frère. Je m'isolais pour songer a ce mystérieux parfum. Tout à coup, je me souvenais confusément de la senteur de la l'éclatante demeure démesurée, accueillante, apaisante, chaleureuse, qu'on nommait le vieux chêne. Je me rendais dans cette maison chaque vacances avec mon frère, mes cousins et mes grand-parents, nous étions tous emplis d'entrain à l'idée de passer nos vacances tous réunis, car chaque année était différente mais toujours aussi merveilleuse. Tous les matins, alors que les hommes allaient cueillir des champignons, je me trouvais dans la cuisine qui donnait sur une vue resplendissante, puis je patientait avec impatience de commencer a élaborer le repas. J'aimais bien cuisiner avec elle, car c'était le seul moment où on se retrouvait pour échanger nos opinions, rire et se confier. Pour le déjeuné nous nous retrouvions tous puis, en début d'après-midi, nous étions enthousiasmés à l'idée de passer encore une merveilleuse journée au bord du lac dans lequel nous pouvions nous rafraîchir, nous baigner, nous éclabousser, plonger dans l'eau, rire, tout ce que les enfants aiment. A l’instant du départ, nous étions à la fois transfigurés de joie, et mélancoliques. Après toutes ces années, en songeant de nouveau à tous ces moments de béatitude, j'étais nostalgique, éplorée, je me remémorais la cérémonie funèbre pour l'inhumation de mon grand-père... J'étais prostrée... Cette cérémonie était pour moi un crève-cœur ! J'ignorais que perdre un proche était si difficile, que quelqu'un puisse nous manquer autant, j'ai passé des moments fantastiques en sa compagnie, mais je ressent un manque. Parfois, c'est lorsque l'on perd un être cher, que l'on s’aperçoit qu'il nous manque, que malgré quelques mauvais moments, on aimes ces personnes, elles nous manquent, mais un chose est sûre : oublier une personne est impossible, il y à inévitablement une partie de nous qui se souviendra de cette personne à qui on tenait tant !
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Quetzal



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Age : 18

MessageSujet: Re: Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust
Jeu 23 Mai - 20:41

L'autre jour, alors que je travaillais avec ardeur sur ma thèse pour réussir mon doctorat, mon portable sonna. Je l'ai décroché, au regret de devoir délaisser mon travail. Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre la voix de ma mère égale à elle-même, toujours pleine de vie. Elle voulait me demander de l'aide pour sortir de notre grenier toutes les antiquités entassées au cours du temps et qui depuis, servaient de nid à poussière. Nous étions jeudi et compte tenu de l'absence de mes professeurs le lendemain, je rangeai promptement mes affaires, fermai mon appartement et me dirigeai vers ma voiture tout guilleret de revoir ma vallée natale

Après de chaleureuses retrouvailles et une prise rapide de nouvelles, nous nous mîmes au travail. Je retrouvai le grenier tel que je l'avais laissé la dernière fois. Néanmoins, de nombreux cartons s'étaient rajoutés, formant un véritable fouillis, recouvert de poussière, impénétrable de l'extérieur. Nous commençâmes à soulever des cartons, soulevant des nuages de poussière nous aveuglant. Alors que le déménagement battait son plein, j'ouvris avec curiosité un carton plus récent, fermé par un grossier bout de scotch. Je fus stupéfait de voir tous ces doudous et peluches ayant appartenu à mes sœurs et à moi. Je les regardai avec émotion, lorsque mon regard fut attiré par deux bouts de tissu bleu. Mon cœur se mit à battre lorsque je vis mes deux vaches grossièrement cousues et habillées de salopette en jean. C'est alors que mon cœur fit un bond de plusieurs années en arrière.

Je me retrouvai dans un de ces grands magasins qui encombraient les villes. J'étais tout petit, seul perdu, tenant mes doudous à la main, avec les mêmes cheveux bouclés. Cependant, mon regard était rempli de crainte, là prostré dans mon coin au milieu des passants et des allées interminables. Et je restai assis, taciturne aux demande des passants. Ne sachant que faire, je ramassai mes doudous, m'assis et les serrai dans mes bras. Petit à petit, mon sentiment de crainte se calma, laissant apparaître une sensation douce et chaleureuse, revoyant mes parents me serrer dans leur bras, je retrouvai ma maison et récupérai tous mes repères. Me laissant bercer par ce déluge de bonheur intense, je finis par sombrer dans un profond sommeil.Je fus réveillé par des appels de ma mère en pleurs. Je me relevai et lui sautai dans les bras, me ramenant dans le sombre grenier à côté de ma mère
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Souvenir, souvenir : notre madeleine de Proust

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