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Mystérieuse clarté

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Castalie

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MessageSujet: Mystérieuse clarté
Ven 18 Oct - 21:06

Mystérieuse Clarté

 Je commence un récit qui aura pour thème les enquêtes. Cependant, vous devez savoir que si vous avez un problème avec le meurtre ou le sang (bien qu’ils n’y seront pas en quantité industrielle), veuillez cliquer sur la petite croix en haut à gauche de votre écran.
Maintenant que les âmes sensibles ont étés écartées, voici donc le début de mon récit:

Prologue

 La ville endormie semblait calme. Le vent soufflait silencieusement, comme s'il pressentait que quelque chose de terrible allait arriver. Le ciel, quant à lui, présentait un noir profond, sans aucune étoile pour l'illuminer. La lune, cachée par d'épais nuages, rendait les cieux complètement noir, comme aspiré par les ténèbres. Les rues vides étaient éclairées par la faible lueur des lampadaires alignés et, contemplait ce paysage des plus sinistres du haut d'une colline, une silhouette féminine à l'allure terrifiante.

 De longs cheveux ébène volaient dans l’air frais du soir. Toutefois, sa frange dissimulait toujours les traits de son visage où naissait un sourire malfaisant tandis que des pensées destructrices contrôlaient aussi bien son corps que son esprit.
« Me revoilà enfin… » dit-elle avec une angoissante nostalgie.
Ses paroles résonnèrent dans la quiétude du soir avant de s’éteindre peu à peu. Ainsi donc, l’enclenchement irréversible du plan eut lieu.

 Après s'être infiltrée dans la demeure, elle avança lentement, errant entre les innombrables pièces. Ses pas se faisaient de plus en plus hâtifs, l’impatience de voir sa vengeance accomplie la démangeait. Enfin, arrivée à son but, l’ombre pénétra furtivement dans leur chambre. Paisiblement abandonné aux bras de Morphée, un jeune couple était entrelacé.
Une lueur d’affliction passa dans ses yeux rouge sang lorsqu'elle vit ses visages si familiers pour disparaître presque aussitôt. Non. Il ne fallait pas ressasser le passé, tout ce qui importait à présent est qu’ils périssent pour tout le mal qu’ils lui ont causé ! Oui, c’est cela. Ils devaient périr, et maintenant !
 Le peu de lucidité qu’elle possédait s’est estompé il y a des années. À présent, seule la vengeance comptait. Avec cette résolution, elle pointa le revolver vers le visage de celui qu’elle avait tant aimé. Toute cette rancœur, toute cette haine accumulée depuis tant d’années fut alors libérée alors que dans un dernier regard envers son ancien amour, elle vit la balle se planter dans le front de l’homme endormi, lui arrachant ainsi la vie.
C’est à ce moment précis que, réveillée par le bruit du revolver, la jeune femme s'éveilla lentement de sa léthargie, encore somnolente, avant de se retrouver face à face avec la tueuse à l’expression sanguinaire, ses pupilles brillant d'une rage agrémentée d’un reste de douleur.
Les yeux écarquillés, ses iris bleutés reflétèrent comme dernière image de sa triste existence, la vision d’une femme folle de désespoir au moment où elle sentit la balle transpercée sa poitrine, stoppant ainsi brutalement son histoire.

 Lâchant son arme, la meurtrière, désormais visible avec un grand sourire sadique, s’approcha de ses malheureuses victimes.
Elle poussa un rire terrifiant avant de se pencher à l’oreille de la défunte pour lui murmurer d’une voix satisfaite :
« Excuse-moi, j’ai tardé mais la monnaie de ta pièce t’est enfin rendue »


Dernière édition par Castalie le Sam 19 Oct - 17:16, édité 5 fois
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Métis

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 19 Oct - 8:13

Qui est cette meurtrière ? J'ai hâte de lire la suite afin de savoir qui elle est.
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Lun 21 Oct - 17:55

Patience, tu le sauras...Mais pas avant longtemps r ir   ! Alors retiens bien le prologue car il sera utile plus tard.

Chapitre 1 : une rencontre fortuite

 Les rayons du soleil filtraient à travers la fenêtre, illuminant le visage d'une jeune femme, tout juste majeure. Celle-ci s'éveilla et ouvrit doucement les yeux, dévoilant de beaux iris vert printanier. En premier lieu, la belle se recouvrit le visage à l'aide de sa main, aveuglée par cette trop vive lumière. Néanmoins, suite à l'écoulement de plusieurs minutes, elle finit par s'habituer à ce soudain changement d'éclairage avant de paresseusement se tourner vers sa table de chevet. « 9 h 27 »
Put-elle lire sur son réveil.

 Sans aucune précipitation, elle poussa sa couverture et s'assit sur son lit avant de bailler bruyamment. Veiller trop tard la nuit n'était pas très bénéfique à l'aube mais, si c'était pour obtenir des informations susceptibles de la faire avancer dans son enquête, qu'importe la fatigue. D'autre part, le bureau croulant toujours sous une pile de documents en disait long sur ses activités de la nuit précédente. Avec un petit sourire en coin suite à cette flagrante constatation, elle se déplaça vers la salle de bain avec la légèreté d'un pachyderme dû à son manque de sommeil.

 La jeune femme, après s'être douchée, s'assit dans la cuisine afin de lire le journal tout en sirotant un café comme à son habitude.
En première page, on pouvait voir marqué en grosses lettres :

« Arrestation d'un voleur de renom, près de deux millions de dollars dérobés découvert dans sa villa en Amérique »

Pas plus intéressée, elle passa pour lire la suite :

« La célèbre détective privée Luna Lanes a encore frappé. Par son indétrônable habileté, cette femme remarquable a retrouvé un homme coupable de l'un des vols les plus hallucinants de l'histoire. En effet, il avait durant un voyage... »

Le reste était tout aussi importun.

« Pourquoi les médias en font une telle effervescence ? » se demanda-elle avec platitude.

 L'enquête fut monotone de part sa facilitée, l'intégralité des indices et pistes menaient à lui, il suffisait d'un peu de bon sens. L'enquêteuse n'a même pas eu le temps de réfléchir tellement s'en était évident. Elle le savait mieux que personne d'autres. Après tout, c'était elle Luna Lanes.

 En effet, malgré ses dix-huit petites années, Luna possédait un esprit des plus calculateurs et un sens inné de la déduction, ce qui la menaient parfois à rabaisser sans le vouloir le reste de l'humanité. Cependant, ce génie dont elle était dotée n'a guère plus à certains qui ont tenté tour à tour de mettre fin à ses jours. Malheureusement pour eux, cette agaçante logique eut raison de leur sort car ils finirent les uns après les autres : au mieux emprisonnés avec une dette, au pire exilés au inepte fin de l'univers avec pour seuls compagnons, des morceaux de bois, des cailloux ou des animaux assez peu pacifiques.

 Hormis le fait qu'elle soit une jeune et surdouée détective reconnue internationalement, elle n'avait rien de spéciale. Sa mère l'avait quitté à ses sept ans et son père avait continué de l'élever avant qu'elle n'entame sa carrière. Fille unique, son enfance fut tranquille, une banale existence donc. Côté physique, elle ne ressemblait ni à sa défunte mère ni à son père mais, plutôt d'après ce dernier, à sa grand-mère. Ses fins cheveux châtains s'arrêtant légèrement en dessous de ses épaules encadraient un visage aux traits doux, accentué par un teint de porcelaine. Ses proportions idéales et sa taille correcte la rendait grande et élancée. Elle était belle, tout simplement, rien d'extraordinaire.
En bref, sa vie l'ennuyait grandement et aucun événement particulier ne venait troubler son quotidien, pour le plus grand malheur de Luna.

« Tiens, mais au fait, ne devais-je pas voir Cassie aujourd'hui ? » pensa-elle à haute voix.

 Sa meilleure amie, Cassie Salter, à ce jour brillante scientifique, l'aidait énormément quant aux indices. Elle s'y connaissait en produits toxiques, poisons, drogues et autres, une mine de savoirs précieux par conséquent.

 Attrapant rapidement ses clés, elle claqua la porte de sa demeure puis s'engouffra dans sa voiture. Démarrant le moteur, elle roula en direction du laboratoire où son amie l'attendait. Durant le trajet, Luna resta pensive ; que lui voulait-elle ? L'enquêteuse venait de terminer une mission et, de ce fait, Cassie n'avait aucune information à lui transmettre. De plus, ce n'était pas dans son habitude de quémander la présence de quelqu'un sans raison apparente.
La jeune fille aux cheveux noisettes se gara dans un parking proche d'une épicerie, profitant de sa sortie afin de faire quelques commissions. Elle fit ensuite le chemin inverse mais s'arrêta au passage piéton.

« Zut! Pensa-elle. Le feu est vert. »

 Elle pivota sa tête à droite puis à gauche. Personne. Rien de vraiment étonnant en soi ; nous étions lundi et il était 11 h 15, sans compter le fait qu'il s'agissait d'un quartier totalement inanimé quelle que soit l'heure. Tout le monde travaillait et l'un des avantages à être détective privée est que l'on choisit nos horaires.

« De toute façon, c'est juste un passage piéton, jamais aucun être vivant ne passerait ici à cette heure » se dit Luna en traversant rapidement.

 Comme si le destin avait soigneusement écouté ses pensées, une moto arriva à toute allure, fonçant sur la pauvre jeune femme qui tourna précipitamment la tête en entendant un bruit de moteur, n'ayant pas le temps ne serait-ce que de comprendre ce qui se passait. Le conducteur, lui, ne pouvait la dévier à cause de l'allée tellement étroite qu'une voiture serait dans l'incapacité de passer, alors, dans un mouvement vif et précis, il appuya sur ses freins sous le regard choqué de la jeune brune. Ainsi, l'engin se stoppa net et l'homme fut projeté quelques mètres plus loin... Plus précisément en plein sur Luna qui fit tomber ses achats avant de se retrouva plaquée au sol.

 Son cerveau bouillonait et son esprit troublé avait du mal à encaisser ce qui était arrivé.
Est-elle morte? Non, la moto ne l'avait pas percutée.
Le conducteur est-il mort? Non plus, il a été éjecté de la moto.
Il a été éjecté... Ejecter?!

« Monsieur, vous allez bien ?! » demanda-elle, en plein stress.

 Aucune réponse. Elle se tortilla, tentant désespérément de déplacer le corps imposant du conducteur, en vain. Heureusement, il bougea quelques secondes plus tard avant de se relever, aucunement blesser.

« Vous pourriez être plus prudente en traversant ! J'ai failli y passer et vous aussi ! cria l'homme en retirant vivement son casque
.
_Mais je vous retourne le conseil ! répliqua Luna indignée, rouler à cette vitesse est interdit, je pourrais très bien... »

 Elle se tut brusquement lorsqu'elle vit le visage de son interlocuteur. Ces traits fins, ces yeux bleus, ces cheveux noir ébène, elle les connaissait. Elle le connaissait et elle en mettrait sa main à couper. Cette tête lui était vaguement familière.

 Le jeune homme, parce que c'en était un, fut tout aussi choqué. Cependant, il reprit très vite ses esprits avant de prendre violemment la main de la belle pour la relever puis, tel une tornade, il enfourcha sa moto et disparu aussi vite qu'il était apparu.

 Se remettant à peu près de sa mésaventure, Luna passa le reste de son trajet à se poser d'innombrables questions; Qui était-il ? Pourquoi s'est-il enfuit ? Où l'avait-elle déjà vu ? La connaissait-il ?....
Après une bonne dizaine de minutes à se maltraiter la cervelle, elle en vint à la conclusion qu'il valait mieux laisser cette histoire de côté le temps de voir son amie.
Donc, pénétrant, dans le laboratoire, la détective alla à la rencontre de Cassie qui l'accueillit bras ouverts.

« Luna ! s'exclama la rousse en la serrant étroitement, l'étouffant pratiquement, comme je suis heureuse de te voir »

 Son amie d'enfance, bien qu'adorable, pouvait parfois se montrer trop affectueuse par moments, gênant plus qu'autre chose la jeune femme qui ne savait pas s'y prendre.

« Hum, Cass ? couina la jeune femme, agonisante.
_ Oh ! Désolée ! dit la scientifique en lâchant la brune qui toussota avant de reprendre un souffle disparu.

_ Ce n'est rien. Alors, comment vas-tu ?

_ Très bien, pas de problème, enfin, excepté le fait que je doive analyser ces maudites traces de doigts sur ce stylo. Rien de plus ennuyeux au monde. se plaignit-elle à la manière d'une enfant.

_ Dans quel but ? demanda Luna, soudainement intéressée, son instinct de détective refaisant surface.

_ Eh bien, l'origine de mon malheur provient de cet individu que l'on doit, je cite:
« Retrouver à tout prix car c'est une ordure de la pire espèce ! » dramatisa Cassie en lui montrant une photo.

 Le temps sembla se figer lorsque l'enquêteuse vit la personne sur la photo. Lui ! Ce visage ! Il s'agissait du jeune homme qui l'avait percuté il y a peu. Choquée, les yeux dans le vide, elle put lire ces quelques inscriptions marquées en dessous :
« Le Faucheur, assassin de rang mondial, actuellement en liberté »



La première enquête commencera au prochain chapitre wink  .
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Diamant bleu

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Lun 28 Oct - 12:18

J'aime beaucoup ! c'est superbement bien écrit ! smile 
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Castalie

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Age : 17

MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Lun 28 Oct - 12:51

Je te remercie, je suis vraiment heureuse que ça te plaise vi c !
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Castalie

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Age : 17

MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Dim 3 Nov - 16:59

Chapitre 2 : La saveur de la déduction

 "Un assassin ? ! La personne que j'avais percuté était un assassin recherché par les forces de polices mondiales ? !" pensa-t-elle, abasourdie.
Voilà pourquoi il s'était enfuit avec une telle précipitation ! Voilà pourquoi elle avait le sentiment de l'avoir déjà rencontré !
Rencontrer ? Elle n'avait jamais eu l'occasion de le voir en face à face alors pourquoi ce sentiment de nostalgie ? Sans doute à cause des agents qui parlaient de lui sans arrêt. Pourtant, même en considérant cette hypothèse, une telle impression ne pourrait pas être si ce n'était qu'un souvenir auditif. Dans ce cas, peut-être bien qu'elle a vu son visage dans les journaux. Non plus, sa poitrine ne se serrerait pas autant. Alors, et si...

_Luna ? Tu as un problème ? Tu es vraiment très pâle ! s'écria soudain son amie.

_ Je.. Non, tout va bien, ne t'en fais pas ! affirma la femme à l'expression troublée.

_ Ah non ! Ne joues pas à ça avec moi ! Je te connais depuis la primaire et je sais lorsque quelque chose va mal. Que t'arrives-t-il ? demanda la rousse, de plus en plus inquiète.

 L'enquêteuse grimaça discrètement. Avoir une amie dotée d'une grande intelligence pouvait parfois être contraignant, surtout quand celle-ci est capable de traduire la moindre de vos expressions.
Cependant, elle n'allait certainement pas lui répondre quelque chose comme :

"Ce n'est rien, ce meurtrier d'une dangerosité plus qu'élevé et en liberté a juste failli me renverser avec sa moto il y a cinq minutes, mais à part ça, rien à craindre."

 Donc, avec un fin sourire et un regard "sincère" parfaitement travaillés afin de ne pas éveiller les soupçons de la scientifique (bien que ce soit déjà le cas), elle lui répondit :

_ D'accord, en fait, j'étais assez choquée de constater que ce criminel était si jeune, il doit à peine atteindre la vingtaine et encore...

_ C'est vrai que, comparé à toi qui es juste une simple détective privée célèbre de dix-huit ans, c'est plutôt improbable en effet, ironisa-elle.

 Voyant que Cassie n'avait pas l'air très convaincu, elle soupira bruyamment, insultant mentalement sa perspicacité et, dans un effort désespéré, Luna sortit le plus gros mensonge de son existence mais, qui allait au moins avoir le mérite de la convaincre à coup  sûr :

_ Ok, ok ! Je me rends, la vérité est que je le trouve plutôt.... Beau.

 Suite à cette confession plus que  mensongère, la détective ne fut pas surprise de constater que la scientifique avait les yeux ronds, totalement muette et le menton touchant le sol. Rien que cela présageait une longue année généreusement emplie de questions et taquineries incessantes.

_ Tu le trouves... Beau ? Toi ? Luna Lanes de m'annoncer qu'elle avait un béguin ? Pincez-moi s'il vous plait ! Mais c'est un miracle, non une bénédiction !

_ Hé, ne monte pas sur tes grands chevaux ! J'ai juste dit qu'il était pas mal pas...

_ Enfin ! s'excita sa confidente, la coupant brutalement, enfin, ma chère amie d'enfance, la meilleure copine que j'ai jamais eu va enfin connaître le bonheur de l'amour ! Dis, tu me promets qu'une fois mariée, je serais la marraine de tes enfants ?

_ Que ?!...

    La jeune brune plantée en plein milieu de la pièce avec un visage tournant au rouge cramoisi n'eut la force de répliquer tant ce que la rousse disait était loufoque. Il n'y avait vraiment que Cassie pour imaginer que juste parce qu'elle a dit qu'il était beau elle allait l'épouser et avoir un enfant avec lui. Enfin, venant d'une personne qui oublie que l'homme en question est un assassin. Mais, au moins, la diversion était couronnée de succès...

_Sinon, soupira-t-elle, empêchant son amie de poursuivre ses fantasmes pour quelle raison voulais-tu me voir ?

_ Ah ! Oui c'est vrai, toussota la scientifique avant de reprendre un air professionnel, si j'ai demandé à ce que tu viennes c'est pour te proposer une affaire.

_ Une affaire ? Vaut-elle la peine que je me penche dessus ? Tu sais que je n'accepte que ce qui me divertie un minimum.

_ Je le sais bien, sois tranquille. Un de mes collègues a une proche dont le mari est décédé, poignardé.

_ Banal à souhaits... commenta Luna, un peu déçu.

_ Attends ! Ce proche est, enfin, était le propriétaire d'un très chic restaurant, ayant une grande popularité, attisant ainsi la jalousie des commerces aux alentours. De ce fait, le nombre de suspects est considérable, ajoutons à cela qu'il est du genre...Volage.

_ Donc, une cible pour des amants enragés, conclua-t-elle.

_ Exactement, cette femme est prête à payer le prix fort pour obtenir tes services.

_ Je me fiche de l'argent, tant que je peux passer le temps...

_ Tu n'as pas changé, toujours aussi froide, remarqua la femme en blouse blanche d'une voix douce.

_ Dis donc, je ne te permets pas ! rétorqua-t-elle avec un rire amusé. Cass ?

_ Hum ?

_ Préviens ton collègue, tu peux lui annoncer que sa connaissance a désormais les services de Luna Lanes.
________________________________________________________________________

     Les coups de sept heures retentirent à travers la ville, le moment propice pour tous les commerces gastronomiques de faire des bénéfices, en particulier au restaurant le plus chic de la région, le "Sapphire Palace". Chaque nuit, de nombreuses personnes faisaient la queue dans l'unique but de pouvoir dîner au sein de cet amas d'élégance et de richesses où une réservation de trois mois au préalable était indispensable.

 Assise à une table, seule, une magnifique jeune femme était vêtue d'une robe verte, lui rappelant la couleur de ses yeux, à l'aspect satiné, ornée de perles éclatant d'un blanc immaculé. Ses cheveux, coiffés en un chignon où une belle broche résidait, mettaient en valeur son visage aux traits doux. Pour finir, le collier d'émeraudes autour de son cou l'ornait luxueusement, la rendant digne de faire partie de ce décor. Face à cette abondance d'aisance ainsi que de luxe, la demoiselle remercia mentalement son amie de l'avoir prévenu quant à l'accoutrement qu'elle devait porter, non sans quoi, elle se serait ridiculisée.

 Suite à cette pensée, la dame en vert observa méticuleusement la salle animée d'un oeil sérieux. Tant de monde réuni.... Comment allait-elle trouver sa cliente (dont accessoirement elle ignorait le visage) au milieu de cette foule ?
Heureusement pour elle, un serveur vint à sa rencontre, certainement pour lui donner le menu.
En effet, lui tendant un livret, il récita tel une poésie apprise par coeur :

_ Bonsoir et bienvenue au "Sapphire Palace". Nous vous remercions grandement d'avoir choisie notre restaurant. Je vous laisse donc prendre connaissance du menu afin de faire votre choix. Sur ce, je vais vous laisser.

_ Veuillez-m'excuser, pourriez-vous me rendre un service? quémanda-t-elle précipitamment tandis qu'il prenait congés.

_ Bien entendu, que puis-je pour vous ?

_ J'ai été convié par la gérante de ce commerce, auriez-vous la gentillesse de l'avertir de ma présence ?

_ Votre nom je vous prie.

_ Luna, Lanes Luna, proclama-t-elle d'un ton neutre.

 L'homme blêmit à l'entente de son nom puis, avec une voix teintée d'un étrange mélange de respect, d'étonnement et de crainte, il acquiesça, le visage en sueur, avant de s'éloigner.
La belle n'eut guère à patienter longtemps car, quelques instants plus tard, une dame tournant autour de la trentaine s'avança élégamment dans sa direction. Elle portait une somptueuse robe couleur azure et ses bijoux d'argent et de pierre précieuses aux prix exorbitants  la rendaient éblouissante. Sa beauté n'était pas frappante cependant, elle possédait d'admirables cheveux miels aux reflets dorés, des prunelles noisettes ainsi qu'une fine silhouette. Elle s'arrêta face à la demoiselle, qui était quelques peu troublée par le charisme de cette grande dame, puis la dévisagea avant de s'exprimer avec quiétude :

_ Détective Lanes ?

_ Je vous en prie, appelez-moi Luna.

_  Eh bien Luna, je suis  Clara Mildy, propriétaire de ce restaurant. Ravie de faire votre connaissance.

_ De même.

_ Je tiens tout d'abord à vous remercier de me venir en aide.

_ Tout le plaisir est pour moi. Je ne tiens pas à perdre de temps, asseyez-vous s'il vous plait.

Sans broncher, la femme aux cheveux d'or s'assit sagement, de sorte à être face à l'enquêtrice.

_ Je vais commencer par vous poser certaines questions or, je vous avertis dors et déjà, je serais dans l'obligation d'aucunement vous ménager alors, êtes-vous prête ?

_ J-je crois, bafouilla-t-elle.

_ Bien. Votre mari se nommait bien Francis Mildy ? l'interrogea la détective.

_ Effectivement, murmura la veuve d'une voix accablée.

_ Le moment exact et lieu de son assassinat ?

_ Il y a deux jours, vers sept heures dans le couloir menant à sa chambre.

_ Pouvez-vous me raconter très précisément les conditions de sa mort ?

_ Je n'ai pas eu l'occasion de voir la scène de mes propres yeux alors je ne pourrais pas vous en parler avec précision néanmoins, je vais tenter de vous guider au mieux. Nous venions d'ouvrir et comme à l'accoutumée, énormément de clients pénétrèrent dans la salle de réception. Après avoir dîné avec nos proches et habitués à la table V. I. P, nous avons continué à discuter lorsque Francis s'est levé, partant à la recherche d'un album afin de leur montrer des photos. Plongés dans la conversation, aucun d'entres nous n'a vus le temps passé. Environ une heure et demie plus tard, l'ami le plus proche de Francis, Chris, fut le premier à avoir remarqué la disparition prolongée de mon conjoint. Inquiète, j'ai voulu quitter la table mais il s'est dévoué. À peine deux minutes plus tard, une serveuse envoyée par Chris s'est précipitée vers moi, m'a agrippé le bras affolée et....

_ Elle vous a annoncé le meurtre de votre mari.

Se contentant d'un hochement de tête pour toute réponse, la pauvre femme laissa silencieusement rouler une larme jusqu'ici retenu le long de sa joue rougie.

_ Je vois... lâcha l'interlocutrice d'un air compatissant. N'ayez crainte, je démasquerai le coupable
.
"Merci" fut tout ce qu'elle put dire tandis que ses sanglots se dissipaient peu à peu.

_ Pour finir, suspectez-vous une personne en particulier ?

_ Oui ! s'écria la veuve dans un excès de rage. J'ai par la suite rejoins Chris et, il avait capturé avec l'aide de certains majordomes, un cuisinier d'une auberge voisine qui fouinait dans les parages. Figurez-vous que, par le plus grand des hasards, le commerce en question est au bord de la faillite !

"Intéressant" se dit la détective qui allait partir quand, elle discerna dans l'expression de son interlocutrice une hésitation mystérieuse.

_ Un problème ?

_ C'est que.. Je.....rien...

_ En êtes-vous sûr ?

_ Je....Isa....

_ Isa ?

_ Non ! Oubliez ! Ah ! Le cuisinier est attaché à une chaise dans la cave. Nous vous attendions avant toute décision.

    Luna, après avoir remerciée la propriétaire des lieux et demandée son chemin, se dirigea vers ladite cave. Pendant qu'elle marchait, la demoiselle faisait le tri dans son esprit ;
Tous les propriétaires d'auberges et les rivaux, mis à part le cuisinier, pouvaient être éliminés. Mme Mildy a dit "vers sept heures", en conséquence, les commerces étaient pour la plupart en plein travail. De plus, même si l'un d'entre eux désirait commettre un assassinat, il aurait été attrapé (la preuve en est que l'intrus a été maîtrisé).
C'était peu. La totalité des clients est susceptible d'avoir commis ce crime, sans oublier les domestiques et les amants de femme infidèles. C'est pourquoi le mieux n'est non pas de procéder par élimination mais plutôt établir une liste de principaux suspects.
Poussant la porte, la dame en vert tomba sur un spectacle des plus comiques ; un homme d'environ quarante ans, bâillonné et ligoté à une chaise qui s'était renversée, essayait tant bien que mal de se libérer en se tortillant lamentablement.
Amusée, elle l'aida en relevant la chaise -non sans effort- puis retira le bâillon, lui rendant la parole, dans l'espoir d'obtenir des réponses à ses multiples questions.

_ Ainsi donc, voici le présumé coupable ?

_ Mais puisque je vous dis que je suis innocent ! vociféra la personne avec un tablier et une toque de chef sur la tête. Je me tue à le crier à tous, pourquoi s'obstiner à me faire passer pour un meurtrier ?

_ On m'a renseigné ; vous avez malheureusement pour vous, été attrapé en train de rôder dans les couloirs -où d'ailleurs, vous n'étiez même pas censé être- alors qu'un meurtre avait été commis antérieurement. Ajoutons à cela que la victime n'est autre que votre plus grand rival. Je confirme, c'est étrange, ils doivent être fou ! ironisa-t-elle.

_ Oh ça va ! Très bien, je ne suis pas dans une position très confortable, certes, mais je peux affirmer que je ne mens pas !

_ Je ne demande qu'à vous croire. Toutefois, si vous m'expliquiez ce que vous faisiez, je pourrais vous venir en aide.

Il resta silencieux un moment avant de déclarer d'une voix solennelle :

_ Je ne peux pas.

_ Et pourquoi je vous prie ?

_ Parce que.

_ Vous risquez la prison.

_ Je le sais.

_ On vous considérera comme un monstre assoiffé de sang.

_ J'en suis conscient.

_ Vous êtes têtu.

_ On me le dit souvent.

 Jugeant qu'il valait mieux ne pas insister, la détective soupira d'exaspération comme elle lança un regard sévère à l'égard du saucisson humain.

_ Je vais chercher d'autres indices. Je vous reverrai plus tard , aussi, ne bougez surtout pas d'ici, lui indiqua-t-elle.

_ Comme si j'en avais la possibilité, siffla l'homme entre ses dents.

 Délaissant le cuisinier à sa solitude, Luna décida de retourner vers Mme Mildy en vue d'examiner le cadavre sans doute encore dans le bâtiment. La salle de réception pleine à craquer ne lui facilitera pas le travail... Elle finit toutefois par repérer la propriétaire en compagnie d'un couple à ce qui devait être la table "V. I. P". Comme le reste des personnes présentes, ils exposaient leurs plus beaux atouts. L'individu masculin avait un costume noir "commun" tandis que sa camarade portait une robe jaune citron, ornée d'une écharpe de plumes blanches.

_ Mme Mildy, interpella la demoiselle qui ne s'habituait toujours pas au décor.

_ Luna, vous revoici ! Laissez-moi vous présenter mes amis de longue date : Chris Sanz et sa compagne Isabelle, ma plus fidèle confidente.

_ Enchanté/e ! dirent-ils en choeur.

Suite à quelques rires communs, l'enquêtrice fut invitée à s'asseoir. Proposition qu'elle refusa respectueusement.

_ Ne faites pas de manières et rejoignez-nous donc ! proposa chaleureusement la dénommée Isabelle. Venez goûter à la spécialité de la maison, le fameux gâteau à l'amande amère et au zeste d'orange, une merveille !

En effet, la douceur saupoudrée d'une fine couche de sucre surmontée d'une tranche d'orange et de chocolat donnait vraiment envie.

_ N'exagères pas, il n'est pas si exceptionnel, commenta Clara, légèrement gênée.

_ Tu plaisantes ? ! répliqua l'homme à la chevelure ébène. Cette pâtisserie a un goût inégalable.

_ Elle fait sa modeste mais dans le fond, elle déborde de fierté ! Après tout, on n'en attend pas moins de la part d'une femme ayant dévouée sa vie théâtre !

_ Vraiment ? demanda la belle aux prunelles émeraudes.

_ Effectivement, j'ai pris des cours de comédie durant ma jeunesse et pour ta remarque, très chère Isabelle, cette recette a été mise au point par Francis, non moi.

_C'est vrai.... reconnu-t-elle avec un visage reflétant une tristesse des plus profondes, comme si elle était sur le point de pleurer.

"Etrange. Pourquoi Isabelle paraît-elle si dépitée ?" s'interrogea la dame en vert en levant un sourcil d'incompréhension.
Un silence inconfortable régnait, silence que la détective décida de briser en quémandant la possibilité de voir le cadavre. L'homme se porta volontaire, de façon à ce qu'ils avançaient désormais vers une salle inconnue.

_ Etant donné que nous sommes seuls, me permettriez-vous de vous questionner ?

_ Je n'y vois pas d'inconvénient.

_ Pouvez-vous me raconter avec précision les conditions de la mort de Francis ?

 Il entama un récit, semblable à celui de Mme Mildy mais, avec quelques informations supplémentaires, à savoir qu'ils mangeaient la pâtisserie à l'amande tout en discutant de leurs souvenirs, que Francis s'est retiré en vue d'apporter les photos, que son épouse est allée Dieu sait où pour revenir cinq minutes après, de son point de vue dérangée, et, qu'il a retrouvé environ deux heures plus tard le corps inerte de son ami, poignardé.

 Alors que Luna remerciait son interlocuteur, ils arrivèrent devant une porte. Chris partit après qu'il l'eut ouverte à l'aide d'une clé. Elle put alors accéder au lieu où résidait une insupportable odeur ainsi que le cadavre. Inspectant ce dernier, elle remarqua un couteau enfoncé dans la chair moisie et ensanglantée du défunt, ses ongles et lèvres étrangement violacés, des plumes blanches coincées dans sa veste et des traces de sang autour de sa bouche. La belle retira vigoureusement l'arme du crime et put lire deux lettres minuscules gravés en or : I. G.

_....Serait-ce possible ? Isabelle ? pensa-t-elle à haute voix.

La brune se remémora par la suite les paroles hésitantes de Mme Mildy :

"Je....Isa.... "

 Elle est partie tel une voleuse cette nuit-là, est revenue, puis, le corps sans vie de la victime est retrouvée... Une coïncidence ? Impossible. Pourtant, les indices ne suffisaient pas. L'enquêtrice avait besoin d'une preuve irréfutable, et quelle meilleure façon d'obtenir une information que d'aller la faire cracher à la concernée ?

 En dépit de cela, une difficulté persistait ; retrouver le chemin menant au halle...
Au moment où elle pensait marcher dans la bonne direction, Luna put remarquer, ennuyée, que le chemin menait vers les cuisines.
"Je vais demander de l'aide" envisagea-t-elle.
Soudain, la brune entendit deux serveuses, ayant désertées de leur postes, discuter et s'arrêta net, prête à épier leur conversation.

_ Tant de personnes à servir, je suis épuisée !

_ Et moi donc !

_ Au fait, Mildy doit regretter son mari, non ?

_ Oh que non ! Il était si infidèle, le monde entier le savait !

_ Le monde entier sauf elle ! De plus... chuchota l'une en se penchant vers l'autre, crois-moi ou non mais, j'ai aperçu il y a deux semaines sortir d'un hôtel, Mr Mildy et Mme Sanz ensemble !

_ Non ! s'excita la serveuse, figure-toi qu'en parlant d'infidélité, j'ai surpris une conversation qui avait l'air très intime entre Mme Mildy et Mr Sanz l'autre jour !

_ Les couples s'inversent ?

_ C'est étrange, non ? Ah ! Et j'ai croisé Mildy il y a deux jours qui rôdait dans la cuisine. Elle a oublié ce sachet.

_ Hum ? Du sucre ? Sûrement pour les gâteaux.

_ Possible, je vais...

_ Pardonnez-moi, déclara soudainement la jeune brune qui apparut devant les domestiques.

_ !?

_ Je me suis permis d'écouter votre dialogue. Auriez-vous l'obligeance de me céder ce sachet ? Bien entendue, en contrepartie, je garderai secret le fait que vous soyez partis, la jeune femme affichait un sourire assez effrayant.

Tremblantes de peur à l'idée de se faire renvoyer, les demoiselles se concertèrent mutuellement et, aussitôt, le "sucre" logea entre les mains de l'experte.

_ Où est le halle, s'il vous plaît ?

_ T-Tout droit puis vers la gauche, tournez deux fois à droite puis encore vers la gauche et vous y êtes, indiqua la jouvencelle, intimidée.

Elle remercia la serveuse et s'apprêtait à quitter la salle lorsqu'inopinément, elle se retourna pour s'adresser à la plus âgée :

_ Une dernière chose, possédez-vous le nom de jeune fille de Mme Sanz ?

_..... Gainsford il me semble, non ?

_ Si ! affirma la benjamine. Isabelle Gainsford de l'illustre et fortunée famille Gainsford !

_ Tous mes remerciements. Vous devriez retourner à vos postes à présent.

 Désormais seule, la détective était fixée. Il manquait seulement le motif. Le motif du crime et l'affaire s'achèvera. Se remémorant la scène, lorgna le sachet. Effectivement, la poudre ressemblait à du simple sucre. Ouvrant le sachet, elle dut immédiatement le refermer dès qu'elle se sentit prise de vertiges. Une odeur d'amande persistait dans la pièce, lui provoquant une gène respiratoire. Ça du sucre ? C'est bien trop toxique. Mais alors...
Son cerveau tournait à plein régime alors que les innombrables détails et indices se mélangeaient en son esprit.
Une victime aux activités peu louables, un cuisinier rival, jaloux et à l'air peu innocent, une proche de la veuve comme principale suspecte, celle-ci se promenant avec du poison...

_ Mademoiselle Luna ! Vous semblez mal au point, tout va bien ? ! s'écria Isabelle qui venait d'arriver.

_ ....Dites-moi, lorsque Francis s'est absenté, il était dans son état normal ?

Un peu déconcertée par ce brusque changement de sujet, elle répondit tout de même :

_ De mes souvenirs, un peu fatigué car il haletait au moment où Clara lui a demandé de partir à la recherche de photos mais...

 L'enquêtrice releva brusquement la tête. Demander ? Elle lui avait demandé ?
En une fraction de seconde, tout s'éclaira. Le petit détail, l'étincelle qui lui manquait fit son apparition. Mais oui ! C'etait tellement logique ! Pourquoi ne pas y avoir penser plus tôt ?
Un immense sourire fit trois fois le tour de son visage. À présent, elle avait toutes les cartes en main.
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Mer 8 Jan - 19:26

J'avais un peu beaucoup oublié cette fiction mais me revoilà ! Donc, voici le chapitre 3 :

Chapitre 3 : Réapparition...


Au sein du "Sapphire Palace", une tension des plus palpables régnait tandis que d'incessants chuchotements s'échangeaient entre les quelques centaines de clients richement vêtues. Ceux-ci, du moins pour la plupart, fixaient inlassablement le centre de la pièce où se trouvaient les acteurs principaux de l'enquête ; la propriétaire du luxueux restaurant et veuve, un couple, une connaissance de l'épouse de la victime ainsi que le cuisinier d'un commerce voisin, principal suspect aux yeux de tous. Tous excepté la femme chargée de l'affaire. Cette dernière prit la parole d'une voix emplie de sûreté, amenant à cesser peu à peu les agaçants parasites auditifs aux alentours :

_ Votre attention, je vous prie. Comme vous le savez, l'homme que l'on appelait Francis Mildy est décédé, assassiné mystérieusement. Ainsi, j'ai été amenée à faire des recherches afin d'être certaine de posséder tous les détails et, à présent, j'ai l'honneur de vous annoncer que je peux vous procurer le nom du coupable.

_ Qu'attendez-vous ? clama la veuve d'impatience, dépêchez-vous de nous dévoiler le coupable, par pitié. Mon mari doit à tout prix être vengé !

_ Du calme, madame, j'y viens. Pourtant, c'est vrai, il n'y a aucune raison de maintenir le suspens plus longtemps.

La détective s'avança vers le cuisinier :

_ Vous êtes, sans surprise, le premier suspect. Au moment où le meurtre a été commis, on vous a surpris en train de rôder dans les couloirs. De plus, le restaurant dans lequel vous travaillez est au bord de la faillite. Quoi de plus normal que de tenter d'anéantir le plus grand rival de son lieu de travail dans le but de conserver son emploi ?

_ Je vais aller en prison ? demanda-t-il, une grimace se formant sur son visage.

_ Non car vous n'avez pas accomplie cet assassinat.

Un sentiment de surprise ainsi que d'incertitude prit possession de toute la salle face à la conviction des paroles de la dame en vert.

Elle se tourna par la suite vers Isabelle Sanz d'un air grave.

_ Un peu plus surprenant, Isabelle Sanz, vous êtes sans conteste la meilleure amie de Clara Mildy. En dépit de cela, à mes yeux et contrairement aux autres, vous étiez ma principale suspecte.

La femme parut extrêmement choquée par ces mots alors qu'elle posa son regard traduisant une grande incompréhension sur la brune.

_P-Pardon ? M-Moi ?

_ Tout-à-fait, vous. On m'a fait part du fait que vous avez quitté le repas après le départ de Francis et que vous êtes revenue quelques minutes plus tard, allez-vous nier ?

_ J-Je.... Hé bien... H-Hum... Non, balbutia-elle d'un air apeuré.

_ Bien, en revanche, je suis certaine que vous ignoriez que des plumes blanches ont été retrouvées près du cadavre ainsi qu'un couteau avec les initiales I.G, n'est-ce pas ? "I.G" pour Isabelle Gainsford.

La pauvre femme ressemblait à chien grelottant de froid tant elle tremblait.

_ Comment ?! hurla Mme Mildy de rage. Toi, Isa ? Mais pourquoi ? dit-elle avant de regretter subitement sa phrase.

_ Précisément, je n'aurais pas dit mieux madame. "Pourquoi ?". Pourquoi aurait-elle tué Mr Mildy ? J'ai eu beau réfléchir, absolument aucune explication ne m'est apparue. Pour cette raison, la réponse est " Elle ne l'a pas tué."

_ Quoi ?! Alors qui ? N'est-elle pas la seule à avoir pu l'assassiner si ce n'est pas cet idiot de chef ? s'époumona la plaintive.

_ Non, elle n'est pas la seule. Ça aurait pu être n'importe qui d'autres ; un client, un majordome, une servante, une connaissance et Dieu sait encore. Cependant, dites-moi, pourquoi se focaliser sur elle en particulier ?

_ Mais parce que vous venez de l'accuser !

_ Certes. Toutefois, vous semblez ne ressentir absolument aucune surprise. Suite à mon hypothèse, vous l'avez immédiatement pointée du doigt alors qu'elle est censée être votre amie la plus proche.

_ Je... Mon souhait le plus cher est de venger mon mari, quand bien même l'assassin serait ma meilleure amie.

_ Votre mari ? répéta Luna, un sourire naissant sur son visage, combien de temps encore comptez-vous jouer l'hypocrite ?

_ !?

_ Vous espériez sincèrement que je ne découvrirai pas votre petit manège ?Veuillez-m'excuser, vous vous êtes trompée de personne étant donné que je ne suis pas née de la dernière pluie. Isabelle ?

L'interpellée, qui tout comme le reste de la pièce buvait attentivement chacune des paroles de la prodige, sursauta au moment où elle fut quémandée.

_ O-oui ?

_ Combien de temps Clara a-t-elle prit de cours de théâtre ?

_ J-je dirais treize, quatorze ans tout ou plus, dit-elle nerveusement.

_ Quatorze ans, hein ? Rien d'étonnant à ce que vous ayez réussi à cacher votre jeu jusqu'ici.

_ Je vous ordonne de vous expliquer ! Insinuez-vous que vous me soupçonnez ?!

_ Absolument pas. Je ne vous soupçonne pas, je vous accuse, annonça la jeune femme.

_ Pardon ? J'ai du mal entendre, vous avez vu, clama l'accusée, des perles de sueur coulant de son front en s'adressant aux témoins présents qui les encerclaient, cette personne est folle, elle m'accuse, moi, la veuve, d'avoir tué Francis !

Des rires grossiers fusaient de toutes part, provenant du troupeau d'aristocrates qui jettait des regards moqueurs en direction de la détective. Avec une voix mauvaise, la propriétaire du restaurant dédaigna cette dernière avant d'ajouter :

_ Vous perdez votre bon sens ma pauvre enfant. N'importe qui peut remarquer que vos sottises vont bien trop loin. Cessez donc de jouer et punissez le coupable.

Toujours impassible, Luna leva subitement ses yeux et les plongea dans ceux de Clara qui s'étonna de se retrouver destabilisée par la prestance et la grandeur d'une simple gamine.
Néanmoins, il s'avérait que cette "simple gamine" était décidée à rétablir sa réputation. Ainsi, la prodige respira calmement puis, déclara la tête haute :

_À votre convenance. Francis Mildy, propriétaire du célèbre restaurant "Sapphire Palace" fut assassiné dans la nuit du 22 mai puis retrouvé dans le couloir menant à sa chambre. Suite à mes recherches et malgré les rumeurs, je suis convaincue qu'il mourût, non pas poignardé, mais empoisonné par une substance extrêmement nocive nommé "Cyanure". En effet, ce poison est, à l'état solide, semblable à s'y méprendre à du sucre, l'unique différence perceptible étant son odeur caractéristique d'amande amère. Ainsi, vous avez aisément pu substituer le sucre par ce poison sur votre célèbre gâteau à l'amande, camouflant alors l'odeur. Des serveuses peuvent plaider pour ma cause, étant donné qu'elles vous ont aperçu dans les cuisines, le sachet de cyanure entre les mains. De plus, ce produit toxique agit rapidement après ingurgitation, parfois dix secondes sont nécessaires avant de tomber dans le coma et de mourir. Heureusement pour vous, si je puis dire, lorsque l'estomac est en pleine digestion, ce laps de temps atteint une à deux minutes. Durant le repas, vous l'avez volontairement éloigné des potentiels témoins en l'envoyant chercher des photos afin de ne pas éveiller d'éventuels soupçons à votre égard, puisque vous demeuriez dans le hall. Il s'est effondré en chemin, périssant une heure et demie plus tard d'une crise cardiaque liée au cyanure. Les traces de sang autour de sa bouche, sans compter ses lèvres et ongles violacés sont des effets secondaires qui prouvent que j'ai raison.

_... Quelle imagination ! s'exclama Mme Mildy en applaudissant ironiquement. Votre histoire tiendrait debout si seulement il n'y avait pas ces irréfutables preuves telles que le couteau, la disparition d'Isa ou encore les plumes de son écharpe ! Dites que j'ai une jumelle qui a parsemé cela à ma place pendant que vous y êtes !

_ Une jumelle ? Non, il ne faut pas pousser. En revanche, un complice partageant votre goût prononcé pour la vengeance me semble plus réel. Qu'en pensez-vous, Chris Sanz ?

L'homme, jusqu'ici silencieux, prit la parole l'espace d'un instant, pas très surpris de se retrouver dans cette situation :

_ J'en pense que je n'ai aucun motif.

_ Vraiment ? Je vais pourtant vous le donner. À vous ainsi qu'a votre collègue de meurtre. Le motif, celui qui vous a poussé à céder à vos pulsions, se résume en un mot : "adultère".

Le duo d'assassins écarquilla les yeux, pétrifié par les dires de l'enquêtrice qui était prête à leur assener le coup final.

_ Dans un sens, je vous comprends quelque peu. La vérité, Mme Mildy, est que vous saviez pertinemment à quel point Francis était infidèle. C'est pourquoi vous avez voulu le "punir" et Mr Sanz s'est lié à votre cause puisque sa propre femme l'a trompé avec lui. Vous avez mis au point le stratagème tandis que Chris se chargeait de disposer de faux indices menant à Isabelle que vous haïssiez tant l'un que l'autre.

L'accusée ne pipait mots. Ses cheveux dissimulaient son visage alors qu'elle tremblait violemment de tous ces membres, les poings serrés à en saigner. Elle releva subitement la tête, des larmes cristallines coulaient le long de ses joues rougies.

_ Bravo, je le reconnais finalement, vous êtes douée, murmura-t-elle. Je pensais qu'une enfant tel que vous serait aisément dupée, j'ai eu tord.
La veuve s'effondra sur le sol à genoux, les mains cachant honteusement ses pleurs .

_C'est vrai, tout est vrai... Je le voyais, chaque soir, partir pour "affaire". Les rumeurs vont vites alors je l'ai réalisé assez rapidement. Cependant, je l'aimais. Je l'aimais alors j'ai fait semblant d'être ignorante. Je continuais à sourire le matin pour pleurer le soir. Inlassablement, seule dans notre lit, je laissais les larmes couler à flot. Et puis un jour, je me suis décidée à le suivre. À ce moment précis, le sol sembla se dérober sous mes pieds. Je le vis, accompagné d'Isabelle, ma meilleure amie, la seule vraie personne en qui j'avais confiance. Par la suite, j'eu su que Chris était également désespéré. Ainsi, ensemble, nous avons mis en scène ce plan.

La salle en effervescence, ressentait de la pitié, de l'horreur ou encore de la colère. Les chuchotements et commentaires à l'égard des meurtriers se firent de plus en plus intenses.

_ Votre motif est, dans un sens, compréhensible. Malheureusement, un assassinat ayant été commis, les forces de l'ordre doivent prendre part à l'affaire. Ils sont déjà sur place et vont vous emmener tous les deux.

Sitôt sa phrase aboutit, une dizaine de policiers vinrent menotter les coupables quelque peu victimes. Si Clara sanglotait toujours, Chris demeurait impassible malgré le fait qu'on l'emmenât.

Face à cette scène, Isabelle prit son courage à deux mains pour crier de toutes ses forces ces quelques mots :

" J'AIMAIS VRAIMENT FRANCIS !"

Plus aucun bruit ne se fit entendre. Osant lever les yeux vers ceux qu'elle appréhendait le plus, elle put voir qu'ils n'avançaient plus. Quelques minutes s'écoulèrent, minutes interminables pour tous. Enfin, Chris prononça trois mots. Trois mots qui resteront gravés à jamais dans sa mémoire:

"Adieu, mon amour"

Ils s'éloignèrent peu à peu de la foule, jusqu'à-ce qu'elle les perdit de vue. À jamais.
Luna posa sa main sur l'épaule de la jeune femme qui fixait inlassablement la direction où avait disparu ses proches.

_ Mademoiselle Luna, vous aviez raison, clarifia-t-elle, perdue dans ses pensées.

_ Je le sais. Je devine également que vous étiez partie à la recherche de votre couteau. Vu que vous provenez d'une ancienne famille, c'était un objet précieux, non ?

_ Effectivement...

La belle aux cheveux noisettes allait continuer à alimenter la conversation lorsqu'un bruit des plus bruyants agressa ses pauvres oreilles :

_ Fichez-moi la paix bande de nouilles !! s'écria le pauvre cuisinier, harcelé par les quelques policiers restants.

Après avoir échappé à leur emprise, il se dirigea vers Luna d'un pas décidé.

_ Détective ?

_ Luna.

_ Luna, je voulais juste... Il se stoppa, semblant gêné.

_ Juste ? demanda-t-elle innocemment.

Il semblait concentré comme s'il allait passer un examen de niveau mondial.

_ ....J-Je...Juste...M-Merci.

_Pardon ? J'ai mal entendu.

_Merci...

_Hein ?

_ MERCI !

_ Mais de rien, répondit-elle, un sourire narquois plaqué sur son visage.

_ Au fait, que faisiez-vous dans les couloirs à cette heure ? demanda curieusement Isabelle.

_ Hé bien...

_ Il voulait voler la recette du fameux gâteau à l'amande pour sauver son travail, coupa l'enquêtrice. Sa stupide fierté l'a empêché d'avouer.

_ !? Comment le savez-vous ?

_ Hypothèse.

Tandis que le chef se faisait sévèrement réprimander par Mme Sanz, Luna balaya la pièce de son regard printanier. Tous les clients, ou presque, avaient quitté les lieux. Il ne restait que les salariés.

La belle s'apprêtait à rentrer au moment où son regard se posa sur une silhouette masculine et familière en costume. Des cheveux sombres comme une nuit sans étoile. Elle n'en était pas certaine, ce n'était qu'une chevelure noire, une simple ressemblance peut-être... Malheureusement non.
La personne se retourna, comme si elle cherchait quelque chose en particulier et ses yeux rencontrèrent ceux de Luna. Une paire d'yeux d'un bleu envoûtant. Aussitôt, qu'il l'eut aperçu, le jeune homme se mit à courir.
Bien qu'elle ne comprît rien à ce qui se passait, la seule chose qu'elle fit fut de le poursuivre.

_ Mademoiselle Luna ? Où allez-v... tenta Isabelle.

Trop tard. Elle était déjà partie, courant après lui, sans raison particulière. Parfois, il arrive que l'on commette une action irréfléchie et c'est ce qui lui arrivait en ce moment même.
_ Serait-ce possible.... Le Faucheur ? chuchota-t-elle à elle-même.


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Adalie
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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Ven 10 Jan - 16:53

Tu l'as écrit ou inventée ?
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Ven 10 Jan - 17:31

Hé bien... Les deux   r ir ! Je l'ai inventé sur papier puis tapé et développé à l'ordinateur.
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Adalie
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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Ven 10 Jan - 19:43

C'est vraiment bien !!
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Lun 13 Jan - 17:44

Tu aimes ? Merci, ça me fait plaisir   .
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Adalie
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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Mar 14 Jan - 20:49

Non, je n'aime pas, J'ADORE !!!!!!!!!!!!!!!!  h ap 
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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 1 Fév - 19:31

C'est extraordinairement excellent !
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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Dim 2 Fév - 10:13

Vraiment ? Mille mercis à toi   ! En fait, je tente d'améliorer mon écriture alors n'hésites pas si tu as des critiques à faire   .
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Dim 23 Fév - 15:08

Chapitre 4 : Un mal pour un bien

_ Hé ! Luna ? s'exclama Cassie d'une voix agacée.

_ Hein ? Quoi ? fit la dénommée Luna comme si elle sortait d'un sommeil profond.

_ Comment ça "Quoi" ? Cela fait maintenant cinq minutes que je me décarcasse pour te réveiller. Tu vas bien ?

_ Oui, oui, je vais bien, répondit la jeune femme tout en passant une main lasse dans sa chevelure d'une magnifique couleur noisette. C'est juste que je pense à ce qu'il s'est passé il y a une semaine.

_ Il y a une semaine ? Tu veux dire lorsque tu as réglé l'affaire "Cœurs brisés" ?

_ Entre autres.

Ce n'était pas tout à fait faux mais, pour autant, ce n'était pas totalement vrai non plus. La vérité, c'était que la jeune détective ne pouvait s'empêcher de se remémorer la réapparition du "Faucheur".
___________________________________________________________________________

_ Toi ! Faucheur ! Arrêtes-toi immédiatement, c'est un ordre ! s'exclama la détective.

À la plus grande surprise de Luna, ce dernier fit ce qu'elle lui avait ordonné.

Ainsi, elle put, elle aussi, se stopper afin de souffler ; il faut dire que ce petit jeu de chat/souris durait depuis une bonne dizaine de minutes à travers les rues sombres de la ville endormie. Tandis que la jeune femme haletait à en perdre ses poumons, courbée sur elle-même, les mains sur ses cuisses, l'homme à quelques mètres d'elle était visible de dos, droit, ne paraissant pas le moins du monde fatigué de cette escapade nocturne.

Soudain, il se retourna et avança lentement jusqu'à la belle, toujours vêtue de sa robe de gala ainsi que de ses -ô combien agaçants- escarpins à talons hauts qui lui broyaient les pieds. Il se planta juste devant celle-ci et dit le plus simplement du monde :

_ Bonsoir.

_ Vous vous fichez de moi !? vociféra Luna avec peine. C'est tout ce que vous trouvez à me dire ?

_ Il faut bien commencer quelque part, répondit-il calmement.

Consternée par ses paroles, l'enquêtrice releva violemment la tête, bien décidée à lui donner la claque de sa vie. Ce qu'elle vit lui coupa le souffle.

La lune, autrefois cachée par les nuages, éclairait désormais la fine silhouette de son interlocuteur. Lors de l'accident, elle n'avait pas eu le temps de bien l'observer mais là, elle se rendit compte qu'il était très jeune. Bien sûr, elle savait qu'il devait avoir vingt ans, tout ou plus mais même ainsi, elle fut troublée. Troublée par quoi ? Sa profession, son âge, ou son physique ?

Il fallait dire qu'il avait de nombreux atouts ; une sombre chevelure, une corps fin et agile, une peau aussi blanche que la sienne mais surtout, des yeux d'un bleu intense.

Néanmoins, Luna se reprit vite en main. Cet individu était un tueur ! Un monstre assoiffé de sang ! Il n'était pas humain et devait être enfermé ou même tué pour tous ces meurtres.

_ Je suppose que vous savez qui je suis, pour fuir ainsi.

_ Luna. Lanes Luna. Détective privée, vous travailler non pas pour la gloire, ni pour l'argent, mais pour vous divertir. Vous êtes un Verseau née le Mercredi 14 Février 1996. Vos passions sont les énigmes et la lecture. De plus, vous haïssez les insectes la chaleur plus que tout et pour cette raison l'été vous fait horreur. Votre couleur préférée est le vert. Vos parents sont Nathan et Anna Lanes qui sont d'origine anglaise. Je sais également que votre mère est décédée à cause d'une maladie incurable qui...

_ ASSEZ ! hurla la détective, Qui vous a permis de raconter ma vie ?! Comment osez-vous parler aussi nonchalamment de ma défunte mère ? Et d'abord, comment savez-vous tout cela ?

Elle avait éclaté. Parler de ses goûts ou de ses passions passait encore, mais se faire rappeler par un parfait inconnu que sa mère n'était plus auprès d'elle, ça, cela la mettait hors d'elle. Tout air professionnel avait disparu de son visage, seule la colère régnait. Qu'importe qu'il soit un tueur, un homme ou même un simple humain, il n'avait en aucun cas le droit de lui parler ainsi.

Le jeune homme s'approcha de la femme en furie, réduisant la distance entre eux. Il se pencha et, avant que la demoiselle n'eut eu le temps de réagir, il lui murmura au creux de son oreille :

_ J'en sais beaucoup plus sur vous que vous ne le pensez, mademoiselle Lanes. Malheureusement, notre discussion s'étant avérée trop longue, je me dois de vous quitter à présent. Mes excuses.

_ Attendez ! fulmina l'enquêtrice, Je n'en ai pas fini avec vous, saleté de Faucheur !

_ C'est trop d'honneur, ironisa-t-il. Cependant, comme c'est vous, je vous laisserai m'appeler Jun. À bientôt, Luna.

Aussitôt ses dernières paroles prononcées, le tueur s'enfuit à une vitesse prodigieuse, loin de la vue de son interlocutrice, laissée à elle-même.
___________________________________________________________________________

"Cet énergumène ! pesta-t-elle mentalement, si je le recroise, je l'arrêterai sans hésiter."

_ Donc, comme je te le disais précédemment, continua Cassie en lançant un regard qui traduisait ses pensées à son amie de toujours, j'ai commencé à lire...

_ Miracle ! coupa la femme à la chevelure chocolatée, tu ne pouvais m'annoncer une meilleure nouvelle aujourd'hui, je suis fière de toi Cass' !

_... Très drôle ! Ne te moque pas de moi ! répliqua la scientifique d'une voix faussement blessée, Je suis sérieuse, là !

_ Mais moi aussi ! Je me demande encore comment tu as fait pour devenir scientifique alors que tu étais nulle en Français.

_ BREF. Passons, veux-tu ? Je disais donc, j'ai commencé à lire une suite de romans vraiment bien ! Le titre, c'est "Un mal pour un bien" de Jérôme Rollin. C'est l'histoire d'un jeune homme, Ian Prost. La seule chose qui lui tient vraiment à cœur est sa cousine, Lyra qui est née à la même date que lui. Toutefois, le jour de leur dix-huitième anniversaire, sa chère cousine meurt dans un accident de voiture. Désespéré, Ian devient fou et torture le chauffeur avant de le tuer. À ce moment, un démon nommé Vahas apparaît devant lui et lui promet la résurrection de sa cousine s'il...

_ Consent à lui donner l'âme de certaines personnes, interrompit Luna.

_... Tu connaissais l'histoire mais tu m'as laissé continuer mon monologue pour rien ? Le démon ici, c'est toi !

_ Techniquement, je t'écoutais, donc ce n'était pas pour rien. Ensuite, je suis une femme alors "démone" serait plus approprié.

_ !? Espèce de monstre !

_ Monstresse s'il te plaît.

Cassie se tapa le front en signe de désespoir quant à l'ironie subtil de la détective.

_ Bon, reprit la belle aux yeux émeraude, je te laisse, il est déjà trois heure. Je vais rentrer.

_ Ok ! Bye !

___________________________________________________________________________

Arrivée devant chez elle, Luna chercha ses clés dans son sac lorsqu'elle entendit des gémissements. Elle tourna la tête vers la droite avant d'apercevoir une fillette d'environ huit ans, seule et en pleurs au beau milieu de l'avenue. L'enfant vêtue d'une robe à froufrou blanche comme neige, avait une merveilleuse chevelure dorée ainsi que de grands yeux caramel. Ses petites mains tremblaient tandis qu'elle tentait de retenir ses larmes. Prise d'un élan de compassion, l'enquêtrice se dirigea vers la petite pour lui dire tendrement :

_ Bonjour, dis-moi petite, tu t'es perdue ?

_ O-oui, j-je suivais un cha-chaton et lorsque qu'il a disparu, j-je ne savais plus où j'étais, bafouilla-t-elle.

Luna la fit entrer dans sa demeure. Heureusement, la petite connaissait le numéro de téléphone de son père. Ainsi, la jeune adulte pu entrer en contact avec son géniteur et lui fournir son adresse pour qu'il puisse venir récupérer son enfant.

_ Tu veux regarder la télé euh...

_ Lola, annonça l'adorable fillette aux couettes blondes d'une voix claire.

_ Alors, Lola, veux-tu regarder un dessin animé ?

_ C'est gentil de votre part mais je préfèrerai lire.

_ Tu es une petite très intelligente à ce que je vois.

_ Merci beaucoup mademoiselle !

_ Appelle-moi Luna s'il te plait et tutoie-moi.

_ D'accord Luna !

_ Je vais regarder les informations alors sois sage et fais ce que tu veux.

_ Oki ! fit joyeusement Lola en s'éloignant

L'enquêtrice alluma donc la télé dans le but de prendre connaissance des informations.

_ Aujourd'hui, un autre meurtre aurait été commis. En effet, une série d'assassinats connue sous le nom de l'affaire "Plume noire" continue de faire des ravages en France. Nous ne savons rien de l'assassin ou même des assassins, ni son/leurs âge(s), ni son/leurs sexe(s), et encore moins son/leurs nom(s). Par ailleurs, le motif de ses crimes reste inexpliqué. Ses victimes n'ont pas le moindre lien et ne se ressemble guère. La police fait...

Elle ne voulait pas entendre la suite et éteignit le poste.

_ Encore et toujours des meurtres. Ce métier d'enquêtrice peut être parfois si épuisant ! se plaignit la jeune femme à haute voix.

_ Enquêtrice ?

Luna se retourna vivement. L'adorable enfant la regardait avec des yeux lumineux, néanmoins teintés d'une étrange lueur de crainte.

_ Tu es enquêtrice ? répéta-t-elle. Une vraie ?

_ Oui ma chérie, pourquoi ?

_ Tu peux trouver des méchants ?

_ Je...

_ Mon papa, je crois qu'il est harcelé. Tous les jours, je le vois avec une lettre bizarre dans les mains avec un visage effrayé.

_ Attends, explique-moi ce...

_ C'est peut-être à cause de son succès ! poursuivit-elle Il est très connu mon papa, tu sais.

_ C'est un artiste, un acteur, un sportif ? questionna gravement la détective.

_ Non, mon papa, il est...

DING DONG

La jeune femme courût afin d'ouvrir la porte. Celle-ci laissa place à un homme ayant la trentaine, aussi blond que la petite. Il avait l'air d'avoir courut étant donné qu'il était haletant.

_ Bonjour, je suis bien chez Luna Lanes ? s'empressa-t-il de demander. Je recherche ma petite fille de huit ans. Elle s'appelle Lola. Est-ce qu'elle va bien ?

_ PAPA ! s'écria cette dernière en se jetant dans les bras de son père.

_ Ma chérie, que je suis content de te retrouver !

Le géniteur se tourna vers la personne qui avait sauvé sa fille.

_ Je ne vous remercierai jamais assez d'avoir aidé Lola. Je tiens à vous donner quelque chose en retour.

_ Oh ! Vous n'avez pas besoin de me rendre la pareille, tout va bien à présent Mr....

_ Rollin. Je suis Jérôme Rollin, enchanté.


Dernière édition par Castalie le Sam 1 Mar - 10:58, édité 1 fois
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YODA

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Dim 23 Fév - 15:14

Très chouette !
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*Sphinge*

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Lun 24 Fév - 9:43

J'aime beaucoup aussi.
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 1 Mar - 11:01

Merci de vos commentaires YODA et *Sphinge*, ça me fait plaisir  ja p .
La suite arrive bientôt !
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Malcolm

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 1 Mar - 11:22

J'aime beaucoup aussi mais ça fait beaucoup d'un coup, et comme tu le mets en petit c'est pas pratique. Est-ce que tu pourrais mettre en plus grand ?
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 1 Mar - 11:52

Tu voudrais que j'agrandisse les caractères ou que je change de police ? Remarque, je peux faire les deux  wi s .

Voici ma police habituelle Times New Roman :

Mystérieuse clarté

Et la voici agrandie :

Mystérieuse clarté

Je trouve qu'agrandir mon texte est mieux, qu'en dis-tu ?
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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Sam 1 Mar - 17:36

La suite que j'avais promis. Comme Malcolm me l'a demandé, j'ai agrandi les caractères. Si cela vous va, j'en ferai de même pour les anciens et nouveaux chapitres content .


Chapitre 5 : A la lettre

Au sein de la demeure de la jeune détective, l'atmosphère était tendue. Autour d'une table se trouvait, d'un côté, ladite détective et de l'autre, la personne qui allait d'ici peu louer ses services. La fille de la victime s'en était allée jouer ailleurs. Ainsi, la discussion n'avait aucune raison d'être vague et c'est la propriétaire des lieux qui l'entama :

_ J'ai ouïe dire par votre enfant que vous aviez quelques "problèmes" ces temps-ci, insinua-t-elle, les yeux posés sur son interlocuteur.

Celui-ci, la tête baissée sur son verre de café brûlant, observait la fumée qui s'en dégageait avec un regard faussement intéressé.

_ E-Elle vous a parlé des ...lettres ? bredouilla-il, une boule se formant dans son ventre.

La jeune femme se contenta de hocher la tête sans quitter des yeux son potentiel client.
Ce dernier se crispa, sa mine déconfite ainsi que son regard vide étant les caractéristiques qui se voyaient le plus en lui à cet instant.

_ Je pourrais vous venir en aide. J'ai des contacts vous savez, poursuivit Luna avec calme.

_ Vous ne pouvez rien pour moi, se contenta-t-il de répondre dans un murmure.

_ Et pourquoi donc ? interrogea l'enquêtrice, le sourcil levé dans l'attente d'une réponse.

L'écrivain lui demanda si elle était au courant des meurtres inexpliqués et croissant, commis au quatre coins de la France depuis un an.

_ J'en ai entendu parler, oui. Mais, dites-moi, quel est le rapport avec vous ?

_ Les victimes n'ont aucun lien, que ce soit physiquement, mentalement ou dans le cercle de connaissance. Le seul point commun est une plume noire abandonnée sur les lieux, n'est-ce pas ?

La demoiselle, dont le visage laissait transparaître de l'incompréhension, acquiesça ses dires.

_ Hé bien... C'est faux. il ne s'agit pas de crimes divers et aléatoire et il n'y a qu'un meurtrier, annonça le blond d'une voix tremblante.

_ Pardon ? Comment êtes-vous au courant ? questionna la femme à la chevelure noisette, la surprise prenant possession d'elle.

Jérôme se leva subitement, fouilla dans la sacoche qui se trouvait près de lui puis jeta précipitamment un paquet de feuille sur la table ainsi qu'un posthite où on pouvait lire dans une écriture penchée, une suite de numéro. Il appela sa chère et tendre Lola qui arriva peu après.
Tout en rejoignant la porte d'un pas rapide, le père se retourna vers Luna pour lui dire :

_ Je n'ai pas d'espoirs. Néanmoins, je vous laisse ceci, il pointa les feuilles sur la table. SI vous êtes aussi performante que vous le prétendez et que le coupable est démasqué, je reconnaitrai votre valeur. Je n'en ai parlé à personne hormis vous. Bonne chance.

Aussitôt ses dernières paroles prononcés, le géniteur et la fillette, main dans la main, se dirigèrent vers la sortie.

_ Au revoir Luna, on se reverra ! salua Lola avec enthousiasme.

Le couple partit, la demeure redevint silencieuse et la jeune femme était désormais la seule forme de vie dans cette maison, en dehors de ses plantes vertes. Celle-ci contemplait son reflet dans le liquide de sa tasse. Dans le néant auditif, la demoiselle, tout en sirotant son thé à la menthe, dit, emplie de sûreté :

_ Dans ce cas, je vous le prouverai.

___________________________________________________________________________


Une semaine s'était écoulée depuis ce fameux jour. Luna n'avait pas quitté l'antre qui lui servait de chambre. Elle avait fait énormément de recherches à propos des victimes et avait lu des dizaines de fois toutes les lettres que l'harceleur avait envoyé à Mr Rollin.

De plus, elle s'était rendue aux services de police afin de mettre la main sur la localisation du criminel. Malheureusement, un policier du nom d'Alexis Ferrand lui avait dit qu'ils étaient dans l'incapacité de localiser l’expéditeur des lettres et la détective ne pouvait se résoudre à tout lui dévoiler. C'aurait été un manque de finesse de sa part. Et puis, impossible de localiser ne serait-ce que la région d'expédition, pour la police ? Cet individu n'était qu'un novice, un incapable de première, voilà tout !

Ayant abandonné l'idée de localiser la personne, la femme à l'esprit vif s'acharna à déchiffrer les pensées de Jérôme Rollin. Toutes les lettres qu'il avait reçu n'étaient autres que des menaçes de mort, le motif étant pour le moins... Étrange.

Lettre n°1 : 23 février 2013


Jérôme Rollin,
Cela fait deux mois que votre roman n°1 est sortie. J'attends la suite avec IMPATIENCE, vous avez encore trois semaines avant que je ne vous attaque.


Lettre n°2 : 30 avril 2013


Votre roman n° 2 était ... Intéressant. La vie ne tient qu'à un fil, faites attention. il reste un mois.

Lettre n°3 : 26 juillet 2013

Roman n°3. L'histoire avance. Mon travail également. Mon bonheur est votre sûreté. Deux mois.

Lettre n°4 : 13 octobre 2013

Relâchement. Il faut plus de meurtres. Je vous donne trois semaines. Votre Lola est mignonne.

Lettre n°5 : 25 décembre 2013

Joyeux noël ! Je suis généreux, trois mois. Je veux une femme blonde aux yeux infirmière, un footballeur noir, les yeux bruns, cheveux frisés et un avocat avare, roux aux yeux marron.

Lettre n°6 : 29 janvier 2014

J'ai quelques propositions pour le roman n°6 : Un pâtissier appelé Gilles, un sans-travail blond aux yeux verts, une jardinière à la chevelure rose et un adolescent gothique vendant de la drogue. Le reste vous appartient.

Ces menaces se font seulement afin qu'il écrive plus et plus vite ? Ça n'avait aucun sens ! Cette personne devait être folle à liée. Mais, pourquoi commence-t-il à demander des personnages avec des caractéristiques précises ? Pourtant, grâce à ces précieuses informations, Luna avait finalement compris la raison pour laquelle Mr Rollin était si apeuré ; il craignait pour lui, oui. Cependant, il redoutait par dessus tout qu'il s'en prenne à sa fille.

La détective avait prit particulièrement part à cette enquête. De ce fait, elle avait lu tous les romans de la série "Un mal pour un bien" même si elle connaissait le résumé ainsi que la trame globale de l'histoire.

La cerise sur le gâteau, elle avait recensé la liste des personnes retrouvées avec une plume noire (car oui, les contacts, c'est bien pratique).

Ainsi, la jeune femme fut prise d'une vive surprise lorsqu'elle comprit où le coupable voulait en venir.
Une femme blonde aux yeux infirmière, un footballeur noir, les yeux bruns, cheveux frisés, un avocat avare, roux aux yeux marrons, un pâtissier appelé Gilles, un sans-travail blond aux yeux verts, une jardinière à la chevelure rose, un adolescent gothique vendant de la drogue et bien d'autres.

Hélas, elle devait s'y résoudre. L'enquêtrice fut forcée de constater que tous, absolument tous les personnages tués par Ian dans les romans correspondaient aux "meurtres des plumes noires".
_ Vient la partie la plus complexe, soupira Luna en basculant sa tête en arrière, les yeux fermés, le dos de sa main contre son front. Pourquoi fait-il cela ?

C'est vrai, après tout, il tue en fonction des personnages du roman, alors pourquoi commencerai-t-il à réclamer des personnages particuliers ?
On en revenait au point de départ : le motif.

Brusquement, la détective se redressa pour se jeter sur son bureau, à la recherche du numéro de son client. Elle composa avec hâte les chiffres puis attendit.

BIIIB, BIIIB, BIIIB...

_ Allô ? répondit une voix fatigué, malgré le fait qu'il ne soit que sept heures du soir.

_ C'est moi, Luna.

Il y eut, l'espace d'un instant, un blanc.

_ ... Alors ?

_ J'ai fini par comprendre.

_ C'est tout ? Et ensuite ? Cela ne change rien au fait que je moi et ma fille, nous sommes en danger, s'écria Jérôme.

_ J'y viens. Je ne connais pas la raison pour laquelle il fait ça. Toutefois, je sais comment l'arrêter.

_ Vous êtes sérieuse ? bégaya l'écrivain, l'espoir renaissant peu à peu.

_ On ne peut plus. Mais, j'ai besoin de votre aide.

_ C'est-à-dire ?

_ Pourriez-vous...
___________________________________________________________________________


Le roman n°7 et dernier de la série "Un mal pour un bien" est finalement en vente. Comme toujours pour un auteur à succès, l'œuvre fut recherché par de nombreux lecteurs et ce, dans toutes les librairies du pays.

Fidèle à elle même, Luna Lanes était dans sa chambre, travaillant sans relâche sur son bureau. La scène se présentait comme habituelle... S'il n'y avait pas cette ombre furtive qui la guettait depuis la fenêtre.
Celle-ci fit le tour de la maison, avant de se faufiler par la fenêtre de la cuisine, "imprudemment" laisser ouverte.

Elle traversa la demeure pour arriver à la porte qui la séparait de sa supposée victime.
Sans attendre une seconde se plus, l'assassin poussa violemment la porte avant de se jeter sur la femme aux cheveux noisettes... Qui se retourna, plus rapide qu'un jaguar, afin de lui asséner un magistral coup de pied à la mâchoire.

À peine eut-il le temps de se relever que l'intrus fut menotté puis arrêté par une horde de policiers, précédemment cachés aux quatre coins de la maison.

_ Comme je l'avais prévu, remarqua la véritable piégeuse de l'histoire. Messieurs, vous pouvez l'emmener.

_ Nous vous remercions grandement de nous avoir permis d'attraper cet individu, s'exclama l'un des hommes en bleu. Mais dites-moi, comment l'avez-vous attiré ici ?

_ Ah, pour ça... fit mystérieusement la jeune femme. C'est un secret.

Aucun des hommes ne remarquèrent que, sur le bureau de la demoiselle, un livre était ouvert.
Dans ce livre, roman n°7 de la série "Un mal pour un bien", on pouvait lire sur la page cet extrait :

"_ Êtes-vous certain, Monseigneur, qu'il s'agit de l'objet de vos désirs ? demanda avec incertitude l'adolescent.

_ Oui, certain, Ramène-moi une enquêtrice aux yeux verts avec des cheveux châtains mi-long. Il me faut un esprit agile et vif. Ainsi, l'âme n'en sera que meilleure. Hâte-toi ou tu ne reverras jamais ta précieuse, menaça Vahas avec colère.

_ À vos ordres."
______________________________________________________________________________

Quelques temps se sont écoulés depuis l'arrestation du malfaiteur. Ce dernier n'a guère été envoyé en prison, non. Il a été conduit dans un hôpital psychiatrique et pour cause, le motif de ses actions a été déduit comme de la folie pure.

Luna n'en revenait toujours pas. C'était décevant. Décevant qu'il n'y ait pas eu plus derrière tout cela. Dans sa main, une feuille. Sur ladite feuille était inscrit les informations recueillies sur le coupable.

" Affaire plumes noires

Nom du coupable : Prost
Prénom du coupable : Ian
Date de naissance : 2 décembre 1994
Crime : série d'assassinats
Motif : Troubles mentaux
Famille : /"


"_ Il n'a plus personne. Sa dernière parente était sa cousine, Lyra Prost, morte le 2 décembre 2012 d'un accident de voiture." récita la femme aux yeux fatigués.

Par une étrange coïncidence, il avait eu l’exact destin du protagoniste de la série à succès "un mal pour un bien" portant le même nom que lui. Ainsi, les représentants des forces de l'ordre en ont déduit que sa folie avait pris le dessus.

C'était donc un fou, oui. Juste un fou.

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Castalie

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MessageSujet: Re: Mystérieuse clarté
Dim 2 Mar - 19:29

Petite suite :

Chapitre 6 : Message


Dans une allée des plus fréquentées, au beau milieu des boutiques ainsi que de la foule, un couple était réuni autour de deux tasses de cafés bien chauds en cette fin de période hivernale. Étaient-ils amants, amis, frère et sœur ? Nullement, il s’agissait d’une enquêtrice connue mondialement de nom et d’un écrivain à succès français qui était également un ancien client de sa partenaire de table.

_ Il est rare que vous cherchiez à contacter quelqu’un, surtout moi, dit la jeune femme en portant la tasse brûlante à ses lèvres.

_ Effectivement, affirma le blond en imitant son geste.

_ Et donc ? Ne me dites pas que vous vouliez simplement discuter en ma compagnie, se moqua-t-elle gentiment.

Son interlocuteur répliqua que la blague n’était pas drôle et que, par ailleurs, ils avaient d’autres chats à fouetter.

_ Pour tout vous dire, débuta-t-il, j’ai reçu une lettre disons… inaccoutumée.

_ Encore ?! s’égosilla Luna, à deux doigts de renverser son café.

En agitant ses mains en signe de non affirmation, l’écrivain s’empressa d’ajouter :

_ Pas du tout ! Ce n’est pas ce que vous croyez ! C’est juste que dans l’enveloppe, il n’y avait qu’une feuille… blanche.

_ Blanche ? répéta-t-elle, stupéfaite.

_ Blanche, confirma-t-il en sortant l’enveloppe pour la donner à la détective en guise de preuve.

Après avoir longuement scrutée le papier sous toutes les coutures possibles, la juvénile en vint à une seule conclusion possible.

_ Encre invisible, annonça-t-elle.

_ J’ai déjà essayé de la chauffer à la bougie. Il n’y a rien, contesta Jérôme.

_ À la bougie ? Ce n’est pas très efficace, il vaut mieux mettre le papier au four, conseilla la belle en se levant. Mais, pour l’instant j’ai un rendez-vous, navrée.

_ Vous êtes débordée à ce que je vois.

La demoiselle se retourna et lui sourit :

_ Disons plutôt que je vais retrouver des personnes que j’ai perdues de vue il y a un moment.

_____________________________________________________________________________________

« Cela devrait être ici » songea l’enquêtrice qui examinait un bâtiment fraîchement construit dans un quartier lui-même récent.
Pénétrant dans le hall, elle prit l’ascenseur afin de se rendre au 4ème étage avant de toquer à la porte portant le numéro 312.

Sans vraiment savoir comment, elle se retrouva aspirer dans l’appartement par une tornade blonde avant d’être propulser sur un canapé en cuir rouge.
La jeune femme ne laissait, curieusement, transparaître le moindre signe de stupéfaction. Même si leur dernière rencontre datait d’il y a au moins un an, l’éternelle vivacité ainsi que l’originalité de son hôte la ramena à des souvenirs d’antan.

Une part d’opéra vint subitement se poser sous son nez. Luna releva ses yeux vert printanier vers la propriétaire de la main tenant la pâtisserie.

_ Cela fait longtemps, s’exclama joyeusement la femme blonde avec des yeux violets pétillants.

La détective se contenta d’accepter l’assiette en soupirant. La journée risquait d’être longue.

_ Bien Angela, et toi ?

_ Je vais extrêmement bien, merci, répondit celle-ci en se jetant sur le canapé avec la grâce d’un pachyderme.

Elles continuèrent à discuter ainsi durant encore une bonne heure. Enfin, « discuter ». Angela racontait totalement sa vie plus ou moins intéressante à son amie tandis que cette dernière lui offrait des commentaires de temps en temps tels que « Mmmh », « Vraiment ?» ou encore «J’imagine ».

Il faut dire que oui, elles étaient amies. Des amies aux tempéraments plus qu’opposés mais des amies tout de même. Et, dans le fond, Luna l’appréciait beaucoup.

Toutes deux s’étaient rencontrées au lycée. Alors que sa seule et meilleure amie n’était autre que Cassie, qu’elle trouvait intenable, la jeune femme à la chevelure noisette fit la connaissance d’Angela Beata.
Fille hyperactive et populaire, en ce temps-là blonde aux yeux bruns foncés, l’adolescente criait sur tous les toits qu’elle deviendrait chanteuse, actrice ou encore hôtesse de l’air. Qui aurait pu penser qu’elle reprendrait son sérieux pour devenir maîtresse d’école.

_ Il ne voulait pas me croire, moi ? Tu imagines un peu ? Mais tu me connais, je lui ai jeté un vase dans la figure et…

_ C’est très bien Angela. Dis, j’aurais un service à te demander… coupa l’invité, reposant ainsi ses pauvres oreilles meurtries.

_ Je t’écoute Lulu ?

_ Cesse donc de m’appeler ainsi ! grogna « Lulu », mécontente.

_ Ok, ok ! ricana la maîtresse.

_ Donc, peux-tu me prêter ton four ?

_ Mon four ? Je t’en prie, fit-elle en lui désignant la porte menant à la cuisine.

Après l’avoir remercier, Luna alla à la cuisine puis mit la feuille que lui avait donnée Jérôme au four.
Quelques secondes plus tard, elle sortit le papier et éteignit l’appareil. En haut, à gauche apparut deux petites inscriptions : 32.

_ Trente-deux ? Trente-deux quoi ? Heures, jours, morts, bombes ? dit l’enquêtrice à voix haute. Rien d’autres que deux chiffres ?

_LLLLUUUUUNNNNNAAAAAAAAA ! ! hurla l’envahissante propriétaire de l’appartement. Tu fais quoi ?

_ Je travaille, dit la jeune femme, concentrée.

Angela examina la feuille que tenait son amie avant de s’exclamer :

_ OUAH ! De l’encre invisible ! C’est bête que celui qui a écrit ait fait des ratures.

En effet des tâches brunes-rousses étaient apparues elles aussi sur le papier.

Des tâches… Des tâches...

_ Des tâches ! s’écria la détective en courant vers son sac, délaissé dans le salon pour en extirper l’enveloppe. Elle prit une paire de ciseaux puis découpa les contours de ladite enveloppe.

Une fois l’action faite, Luna répéta l’opération précédente à savoir un petit tour dans le four… Et elle avait vu juste.

Doucement mais sûrement, des lettres naissaient sur le papier puis bientôt des mots.

Seulement, ils n’avaient aucun sens :

JSPLB OEYKC HSBZO RONBAO BFAUF OPAPN OBEO
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Mystérieuse clarté

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