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Corpus de récitations au choix 6ème Laruns

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MessageSujet: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:22

Les chats (fusion de deux extraits de Charles Baudelaire sur le thème du chat)

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d'agate.


Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime,
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement,
Et que je regarde en moi-même,


Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.


Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;


Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.



coef 2


CHEMIN DE MON ENFANCE

Comme des cathédrales aux voûtes enfeuillées
Les forêts de mon enfance, gravées dans ma mémoire,
Ont des chemins secrets d’ombres embroussaillées,
Des senteurs de bruyère mêlées d’épines noires.

De doux tapis moelleux de feuilles et de mousse
Jonchés de glands de chênes et de vesses de loup
Où l’on trouvait parfois des chanterelles rousses
Et des bolets ventrus qu’on ramenait chez nous.


Près du lavoir blotti au pied du petit pont
Nous avancions pieds nus dans l‘eau glacée,
Plus cernés de libellules que de poissons,
Nos cris et nos fous rires nous avaient devancés.

La vie battait si fort dans le sang de nos veines
Qu’on ne ressentait guère la misère latente,
Et même si notre assiette n’était pas toujours pleine,
Nous gardions dans l’avenir une confiance ardente.

Janine LAVAL



Coef 2



CAUCHEMAR

Cohortes grimaçantes de babouins en colère
M'acculent aux abysses. Je tente de crier,
Mais aucun son ne sort de ma bouche « cratère »
Ce volcan éteint. Mes cris se sont solidifiés.

Girouette ballottée aux caprices d'Éole
 J'ignore d'où je viens, je ne sais où je fuis
 Je vois un océan couvert de lucioles :
 Ce sont mille étoiles trouant le ciel bleu nuit.

Je cherche à m'évader de ce rêve angoissant.
Je voudrais m'éveiller, m'arrêter quelque part.
Toucher terre enfin, poser mes bagages pesants.
Arriver dans un port, découvrir une gare.

J'entends le tocsin s'égrener au lointain
Je sors d'un vertigineux brouillard
J'ouvre les yeux dans le noir et soudain
Je comprends que j'ai rêvé. Cauchemar !

Janine Laval

Coef 2









J'aime l'araignée et j'aime l'ortie (extrait)

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !


Victor HUGO (1802-1885)


Coef 2

Le crapaud (extrait 1)


Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait, l'horreur contemplant la splendeur,
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur
Dans des prés plein de fleurs dansant sous le soleil ?)
Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;
L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur l'onde ; et, plein d'oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni ?
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini.
Pas de monstre chétif, louche, impur, boiteux,
Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux.


Le crapaud (Extrait 2)


Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
– J'étais enfant, j'étais petit, j'étais cruel ; –
Ils crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d'eux, riant, – l'enfant rit quand il tue, –
Se mit à le piquer d'une branche pointue,
Élargissant le trou de l'œil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ;


Le crapaud (extrait 3)

Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;
Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;
Et il leur échappa, glissant le long des haies ;
L'ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s'y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis ;



Le crapaud (Extrait 4)

Tous regardaient. Soudain, avançant dans l'ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L'âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.
Alors, lâchant la pierre échappée de sa main,
Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
Sous la voûte infinie, à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.


Victor Hugo


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:28

L'avare, de Molière. Acte IV, scène 7


Le monologue d'Harpagon

Au voleur ! Au voleur ! A l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné; on m'a coupé la gorge : on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! Rends-moi mon argent, coquin... (Il se prend lui-même le bras.) Ah ! c'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent ! Mon pauvre argent ! Mon cher ami ! On m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait; je n'en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterré.


coef 2

Trois interprétations différentes en vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=KffI2xkdmEY&feature=related

https://www.youtube.com/watch?v=e7CrdaAhpsQ

https://www.youtube.com/watch?v=BHtf7wbWteE




------------------




Un haïku – Des haïkus/des haïkaï …
du poète japonais Bashô (XVIIe siècle)




Au nectar d'orchidée
le papillon tremblant
vient parfumer ses ailes




Sur le pont suspendu
nos vies s'enroulent
aux sarments des lierres




Glaçant mon ventre
le bruit des rames frappent mon visage
nuit de larmes




Sur le lent sentier des montagnes
le soleil naissant se lève
au doux parfums des pruniers




Mes larmes grésillent
en éteignant lentement
les braises de mon cœur


Coef 1.5


----------------------------------------------


Un haïku – Des haïkus/des haïkaï …
du poète japonais Bashô (XVIIe siècle)




Dans ce jardin abandonné à l'automne
s'accumule plus d'un siècle
de souvenirs et de feuilles mortes



Les cigales vont mourir
mais leur doux cri
n'en dit rien



La rosée blanche
n'oublie jamais de boire
son goût de solitude



Tiède nuit d'été
seul le bruit doux de mes sandales
fait vibrer le silence



Le silence se tait
les fleurs en écho
parfument le silence


Coef 1.5


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:40

Arthur RIMBAUD (1854-1891)


Le buffet

C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

- Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Coef 2




Arthur RIMBAUD (1854-1891)


Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.



https://www.youtube.com/watch?v=n93oEn2yJ7I

https://www.youtube.com/watch?v=m1aYoqGTtkM

https://www.youtube.com/watch?v=FlbwGvExyRk


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:46

Le loup et l'agneau - Jean de La Fontaine. (A jouer à 3)

Mise en voix par trois : un narrateur, un loup, un agneau. Coef 1 chacun, ou coef 3 si quelqu'un récite l'ensemble.


Le Loup et l'Agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.


https://www.youtube.com/watch?v=WmZKb5WlR8g


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:48


Jean de LA FONTAINE (XVIIème siècle)


La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point." La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.



https://www.youtube.com/watch?v=Si1u3SDx9nQ


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 17:54

Le Laboureur et ses Enfants

Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.


D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.


https://www.youtube.com/watch?v=EnrtuqhCa0A


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:00

Claris de FLORIAN (XVIIIème siècle)


La guenon, le singe et la noix

Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte ;
Elle y porte la dent, fait la grimace... Ah ! Certes,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.
Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !

Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse,
L'épluche, la mange, et lui dit :

Votre mère eut raison, ma mie :
Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie,
Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.



Coef 1.5

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:10

La Poule aux oeufs d'or - Fable de La Fontaine (XVIIème siècle)

https://www.youtube.com/watch?v=ZROJLoCwaJU


L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un oeuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les oeufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?


Coef 1.5


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:17


Jean de LA FONTAINE (XVIIème siècle)


La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Coef 2

Vidéos :

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:31

Un enfant : Jacques Brel

Un enfant
Ça vous décroche un rêve
Ça le porte à ses lèvres
Et ça part en chantant
Un enfant
Avec un peu de chance
Ça entend le silence
Et ça pleure des diamants
Et ça rit à n'en savoir que faire
Et ça pleure en nous voyant pleurer
Ça s'endort de l'or sous les paupières
Et ça dort pour mieux nous faire rêver


Un enfant
C'est le dernier poète
D'un monde qui s'entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s'inquiète d'une neige tombée
Et ça croit que nous sommes fidèles
Et ça se doute qu'il n'y a plus de fées

Coef 1.5

Chanson :
Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:41

Extraits du petit prince, de Saint Exupéry (XXème siècle)

Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas, qui sera différent de tous les autres. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

[...] Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

Coef 2



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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 6 Oct - 18:52

Joachim DU BELLAY   (XVIème siècle)

https://www.youtube.com/watch?v=WefxVZLhm9U


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Coef 2


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Jeu 9 Oct - 10:07

S.D.F.

Il marche sur les pavés luisants de pluie,
Son ombre le précède, s'allonge et puis,
Se rétracte et passe derrière lui
A chaque réverbère allumé dans la nuit.

Il entend dans le lointain les bruits sourds
Les grondements dans les rues du faubourg
Il presse le pas, voici presque qu'il court,
Mais il se sent bien vieux. Il se sent lourd.

Un banc l'appelle dans l'ombre dense.
Il s'assied, le souffle court, l'esprit en transe.
Il ferme les yeux, sa tête se balance,
Il craint soudain de perdre connaissance.

Où allait-il ? Il ne le sait plus.
Tout ici lui semble inconnu,
Il est seul, il a froid. Il est perdu.

On l'a trouvé sur ce banc, ce matin,
Bras écartés et raides, comme un pantin.

Sur un papier froissé serré dans sa main,
Un mot tracé, puis raturé: FAIM, F. I. N.

Janine Laval


Coef 2



Les émigrants clandestins

Des routes sans virage qui vont au bout du monde
Et le soleil qui danse au-dessus des déserts,
Ils ont dû oublier que la terre était ronde
Où s’en vont-ils si loin, en fuyant la misère ?

Ils découvriront trop tard sans doute
Que l’autre bout du monde, il était là
Derrière eux, à leurs pieds, sur la route,
Comme un arc-en-ciel que l’on n’atteindra jamais !

L’ Eldorado reste toujours une chimère
Ailleurs, l’herbe semble souvent plus verte
Les mirages existent aussi hors des déserts.

Des bateaux chavirent dans le silence.

Janine Laval


Coef 1,5


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Jeu 9 Oct - 10:18

Savoir ECOUTER le silence

Le silence est bruissant :

-les feuilles mortes qui craquent sous nos pas
-les stridulations des grillons dans la chaleur des soirs d'été
-le chant incessant de la cigale mâle
-le murmure d'un ruisseau ou le clapotis claquant des vagues
-le vent discret qui joue de la harpe dans les branches du saule pleureur
-le crissement doux du stylo sur la feuille de cahier
-Le feu crépitant dans l'âtre rougissant
-le tic tac titillant d'une horloge
-le cri d'un oiseau de nuit, un gros chaton en rond qui ronronne …
Tout ça, c'est le silence aussi.
C'est ce silence que j'aime.

Janine Laval

Coef 2


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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Jeu 9 Oct - 20:12

En choix coef 1, mais uniquement pour ceux qui auront déjà fait plus d'une récitation au cours de la période.



La Bise

La bise fait le bruit d’un géant qui soupire;
La fenêtre palpite et la porte respire;
Le vent d’hiver glapit sous les tuiles des toits;
Le feu fait à mon âtre une pâle dorure;

Le trou de ma serrure
Me souffle sur les doigts.

(Victor Hugo. XIXème siècle)



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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Jeu 16 Oct - 21:15

Le papillon, d'Alphonse de LAMARTINE (XVIIIème siècle)


Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur.

Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur.

Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S'envoler, comme un souffle, aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté !

Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté !




https://www.youtube.com/watch?v=VfP9TYGOAtQ

Spoiler:
 
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Johanna
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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 20 Avr - 17:25

Modo a écrit:
Le loup et l'agneau - Jean de La Fontaine.

Mise en voix par trois : un narrateur, un loup, un agneau. 





Pour cette fable peut-on la faire Julie (narratrice), Laurélie (le loup) et moi (l'agneau) ?
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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 20 Avr - 17:46

Bien sûr, ce serait coef 1 pour chacune.
Et chacune aura les questions sur la versification posées individuellement.
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Johanna
Aidactive
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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Lun 20 Avr - 17:50

D'accord merci beaucoup bonnes vacances.
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Laurélie

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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Sam 25 Avr - 14:20

Merci Modo.
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amazone§



Nombre de messages : 73
Age : 13

MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Jeu 3 Nov - 20:41

Merci modo,j'ai choisi le S. D. F. amor
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macaron

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Nombre de messages : 184
Age : 13

MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Mer 11 Jan - 17:26

Je voudrais la cigale et la fourmi est-ce que je pourrais la prendre ?


Dernière édition par macaron le Jeu 26 Jan - 20:56, édité 1 fois
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Modo
Aidactif
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MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Mer 11 Jan - 17:33

Bien sûr, puisque elle est proposée.
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poissonrouge

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Nombre de messages : 87

MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Ven 13 Oct - 18:52

Excusez-moi M.Govaert,mais la poésie "le dormeur du val" de Arthur Rimbaud a déjà été étudiée en CM2.   
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Modo
Aidactif
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Nombre de messages : 20320

MessageSujet: Re: Corpus de récitations au choix 6ème Laruns
Ven 13 Oct - 18:56

Oui, tu me l'avais dit wink 

Il est évident que ceux qui l'ont apprise ne peuvent la choisir, mais plusieurs de tes camarades ne l'ont pas apprise en primaire et peuvent donc la découvrir ainsi smile
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Corpus de récitations au choix 6ème Laruns

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